D'abord et avant tout, Sophie Milman a le mérite d'avoir un organe vocal des plus singuliers. Ce sable fin, ces minuscules vibratos ou ces irruptions insoupçonnées de volume confèrent à la Torontoise une identité certaine.

Alain Brunet LA PRESSE

Son phrasé est agréable et précis, quoiqu'il reproduise ce qui a été mis au point il y a plus d'un demi-siècle. Son entourage hautement professionnel (Kieran Overs, contrebasse, Rob Piltch, guitares, Paul Schrofel, claviers, Mark McLean, batterie et de nombreux souffleurs invités) procède à de soyeuses interprétations des standards jazz, pop ou rock, qu'il s'agisse de Bruce Springsteen (I'm On Fire), Joni Mitchell (Be Cool) ou Duke Ellington (Take Love Easy).

Voilà un art maîtrisé... et non transcendé. Tout est parfait dans l'univers de Sophie Milman. Rien ne cloche, ça sent fort l'ambition. Le hic, c'est que ce type de réalisation, ce concept d'arrangement n'apporte à peu près rien de neuf au programme, comme c'est le cas de la plupart des albums de jazz vocal mis en marché depuis des lustres. Les reprises pop et rock d'un répertoire plus récent ne suffisent plus à régénérer la forme, m'est d'avis que le jazz vocal doit aussi repenser son espace sonore. À défaut de quoi il reste joli et rassurant. 

À écouter:

I Can't Make You Love Me

JAZZ

Sophie Milman

Take Love Easy

Linus/Universal

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