Publié le 14 mai
Alexandre Vigneault
Alexandre Vigneault La Presse

On ne peut plus aborder un nouvel album de Renaud sans malaise. Avant même d’écouter la première chanson, on se demande déjà : y arrivera-t-il ? Sa voix n’a jamais été juste ni belle, c’est vrai. Sauf que ça ne s’est vraiment pas amélioré avec les années. Il est sobre depuis plus d’un an, dit-il, mais ses excès laissent des traces bien profondes…

Renaud, en 2022, parle toujours autant qu’il chantonne. Sa voix déraille encore plus qu’avant, s’éteint dans la raucité. Avant, son chant avait l’élan de ses convictions, de sa malice et de sa tendresse. Il a maintenant le souffle court. C’est poussif dès Le Métèque, chanson de Georges Moustaki, qu’un enrobage tirant vers le rock ne fait pas lever.

C’est encore plus triste sur Le temps des cerises, dont les arrangements (avec entre autres une mandoline délicate) sont vraiment beaux. C’est d’ailleurs la principale qualité de ce disque : ses musiques soignées, des rythmes aux envolées de cordes. Des écrins presque trop beaux pour une voix incapable de leur faire honneur.

Renaud s’en tire un peu mieux sur Si tu me payes un verre (associée à Serge Reggiani) où il essaie moins de chanter et où ses failles deviennent touchantes compte tenu de ce qu’on sait de ces dernières années. Le sentiment est semblable sur La tendresse (Bourvil). Ça ne dure toutefois pas avec les morceaux qui viennent après. Il faut être mordu en diable pour avoir envie de réécouter cette collection de grandes chansons mal servies par un interprète qu’on doit se résigner à aimer au passé.

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Métèque

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Parlophone/Warner