Avec plus de 2 millions d’albums vendus depuis le lancement de son percutant album homonyme en 2014, Royal Blood est considéré par beaucoup comme le sauveur du rock britannique. Si How Did We Get So Dark lui a permis de continuer de surfer avec assurance sur son succès initial, Typhoons permet aujourd’hui de constater que le rock de Mike Kerr et de Ben Thatcher est une puissante lame de fond à multiples facettes.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

Qu’on se rassure, la formule qui a porté Royal Blood au sommet des palmarès rock au Royaume-Uni est encore bien en place. La basse de Kerr est encore triturée à souhait, alors que son complice Thatcher est tout sauf tendre pour ses peaux. Les fans sont d’ailleurs bien servis en ouverture de jeu, les riffs lourds et accrocheurs de la basse de Kerr aiguillant à merveille Trouble’s Coming. Toutefois, l’oreille attentive constatera tout de suite que la batterie est plus contenue, plus serrée, impression confirmée aussitôt sur Oblivion, groovy à souhait et ponctuée de quelques chœurs féminins R&B qui nous donne une bonne idée de la direction où veut nous amener Royal Blood.

On arrive en gare sur la chanson suivante, la pièce-titre Typhoons. On est dans le désert, pays du stoner rock, mais une boule disco est suspendue à la pergola. L’amalgame est jouissif et dansant, presque autant que sur Boilermaker – plus lourde, cette pièce a incidemment été réalisée par Josh Homme, leader de Queens of the Stone Age et pape du desert rock.

Si Mike Kerr et Ben Thatcher ont produit les autres pièces de l’album en suivant le chemin tracé par Homme, ils se sont permis quelques détours supplémentaires en utilisant davantage de claviers sur Million and One et Limbo ; la première rappelle le rock des années 1980 à la sauce Toto, alors que la seconde ressemble à ce qui pourrait surgir d’une improbable collaboration entre AC/DC et Daft Punk.

Un effort créatif qui a aussi permis à Kerr de se confier sur les excès qui l’ont heureusement mené vers une nouvelle sobriété salutaire. « Je me suis rendu compte que j’étais dans un groupe qui s’appelle Royal Blood et que tout va pour le mieux », a-t-il avoué. En effet, l’avenir s’annonce prometteur.

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IMAGE FOURNIE PAR WARNER RECORDS

Typhoons, de Royal Blood.

Hard rock
Typhoons
Royal Blood
Warner Records
★★★★