Les thèmes que Marie-Mai aborde dans son plus récent album sont plus mûrs, plus profonds. Ce sont ceux d’une femme de 34 ans qui a traversé beaucoup de choses ces dernières années – une rupture amoureuse, une autre professionnelle, un nouvel amour, un premier enfant.

Catherine Handfield Catherine Handfield
La Presse

Elle commence à être loin, la petite Marie-Mai de 18 ans qui a séduit les téléspectateurs à Star Académie et qui a vite gagné le cœur des jeunes avec son énergie débordante et sa pop efficace.

Si des enfants répondent toujours à l’appel, « il y a plus d’adultes que jamais dans [ses] salles », nous confie Marie-Mai au téléphone, en pleine tournée pour son album Elle et moi.

« Ce que j’ai traversé au cours des dernières années m’a rendue, je pense, normale aux yeux des autres, chose qui était très, très due ! dit-elle en riant. Un moment donné, avoir une image parfaite et représenter quelque chose qui est à peu près inatteignable, ça devient lourd. Les gens se voient moins, et je me vois moins là-dedans. C’est sûr et certain qu’il y a plus d’adultes que jamais dans mes shows et qui encouragent ma musique. »

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Concert de Marie-Mai au Centre Bell, dans le cadre de la tournée d’Elle et moi. « Il y a plus d’adultes que jamais dans mes salles », observe l’auteure-compositrice-interprète.

Cela dit, les jeunes la suivent encore, enchaîne-t-elle. « Ç’a toujours été un noyau solide et évolutif, constate l’auteure-compositrice-interprète. Ils commencent à me suivre à 5 ans, le font jusqu’à 15 ans, après ça, hop ! ils débarquent, vont écouter autre chose, reviennent… » L’impact qu’elle a pu avoir sur la jeunesse, notamment avec les messages de ses chansons, est ce qui la rend la plus fière, dit-elle.

Ça doit quand même mettre une certaine pression, être le modèle d’enfants, non ?

« Non », répond Marie-Mai, avant de se raviser. « Je te dis non aujourd’hui, mais est-ce que ça m’a mis de la pression dans les dernières années ? Oui, c’est sûr et certain. Maintenant, j’ai fait un travail sur moi. » 

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Marie-Mai sur la scène du Centre Bell dans le cadre de son actuelle tournée pour l’album Elle et moi 

Quand j’ai travaillé sur mon dernier album, je voulais revenir les pieds ancrés dans mes valeurs, et ne plus laisser mes insécurités me mettre une pression sur les épaules. […] Et de toute façon, les jeunes qui m’écoutent, ils n’ont pas envie de voir quelqu’un de parfait. Ils ont envie de voir quelqu’un de libre.

Marie-Mai

Des observateurs ont vu dans son dernier album une volonté de séduire un public adulte. « Moi, je n’ai jamais dit ça ! », s’exclame Marie-Mai en riant quand on le lui soumet. Les gens, dit-elle, aiment bien mettre les autres dans des boîtes pour mieux les comprendre.

« Quand j’ai commencé, c’était “Marie-Mai, la chanteuse pour les jeunes”, se souvient-elle. J’avais beau essayer, étant plus jeune, de me dissocier, en disant : ‟moi, ma boîte, je vais la faire moi-même” – ce qui n’est pas nécessairement la bonne chose à faire non plus… Je n’appartenais pas à une seule chose. J’appartenais à moi-même et je faisais ce que j’ai envie de faire. »

Si elle a appris quelque chose en carrière, dit-elle, c’est bien qu’il est vain d’essayer d’aller chercher tel ou tel public. « La musique que je fais, ça plaît à qui ça plaît, conclut-elle. Les jeunes sont encore là, ils écoutent encore ça, et c’est correct ! C’est magnifique comme ça ! »