Un rap non aseptisé, une esthétique punk et une attitude déjantée. Ce mélange risque de projeter Rico Nasty vers le statut enviable de figure dominante de la scène hip-hop commerciale dans les années à venir.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Nightmare Vacation, son premier album studio, est subversif et surprenant. Grâce à un je-m’en-foutisme assumé qui ne s’automarginalise jamais, la « reine du punk rap » maintient le respect des fans qui lui vouent un culte discret depuis son contrat avec Atlantic Records en 2018.

Extrait de Check Me Out

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L’excentrique musicienne de 23 ans a ici la spontanéité de Cardi B, la candeur d’Avril Lavigne, la fougue de Missy Elliott et l’irrévérence de Joan Jett, sa principale inspiration. Les sons trap flirtent avec les timides influences punk, appuyés par une voix rauque et tonitruante. Et ça fonctionne. Si Let It Out ne plaira pas à ceux qui ne se sont jamais retrouvés au milieu d’un mosh pit, il faut saluer l’audace de glisser un morceau aux tendances screamo dans un album de rap.

Rico Nasty s’impose comme une parolière prometteuse dans Girl Scouts. Dans OHFR ? (lire Oh, for real ?) — meilleure pièce de l’album —, elle avance dans la vie sans rendre de comptes à personne. L’œuvre offre de solides hits (Own It, Check Me Out et iPhone). Nous ne sommes pas dans les rimes subtiles et bien ficelées, on donne plutôt dans les phrases coup de poing. Malgré la récurrence de thèmes peu approfondis au fil des 14 nouvelles chansons, Rico Nasty remplit sa mission de passer du niché au mainstream tout en préservant sa singularité.

IMAGE FOURNIE PAR LA MAISON DE DISQUES

Pochette de l’album Nightmare Vacation, de Rico Nasty

★★★½

Rap. Nightmare Vacation. Rico Nasty. Atlantic Records.