Néné, qui signifie « maman » en langue peule, permet à Ilam de rendre un hommage vibrant à sa terre mère par l’entremise d’intonations résolument traditionnelles magnifiquement modernisées. Ce deuxième album du Sénégalais d’origine, installé à Montréal depuis 2014, est en effet un bel accomplissement, un disque solide et entier. Les teintes y sont multiples, entre l’afroblues et la pop.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

L’instrumentalisation sur Néné est l’une des grandes forces de l’album. Les vagues de blues nous font particulièrement vibrer, les guitares électriques et basses sont exceptionnellement bien travaillées.

La plupart des auditeurs québécois ne comprendront pas la langue d’Ilam. Or, ça ne les empêchera pas d’apprécier les chansons, qui prennent racine dans des émotions que la superbe voix du Dakarois, avec son timbre caractéristique, transporte habilement (comme Youssou N’Dour et Ismaël Lô l’ont fait avant lui). 

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Néné, d’Ilam

Dodo, par exemple, lente mais cadencée, appuyée des voix gracieuses du chœur féminin (Nora Toutain et Melissa Pacifico), s’accueille comme une douceur pour l’oreille. À l’opposé, Danse la vie, en français, est en plein dans l’afropop. Yann Perreau y chante en duo avec Ilam, dans une rencontre entre le son des deux artistes. Si elle fait effectivement danser, ce n’est pourtant pas le morceau le plus réussi.

Sénégal est sans contredit l’une des perles de l’album. Justice, où s’invitent le reggae et l’anglais, frappe dans le mille. Laram, Beugeu, Djarabi (qu’on aimera beaucoup entendre en concert) figurent également parmi les plus réussies.

Ilam atteint son but : créer une musique universelle. De celle que l’on n’a pas besoin de décrypter ni même de traduire pour qu’elle nous touche.

★★★½

Afroblues, pop. Néné, Ilam, GSI musique.