Intense, entière et marginale, Fiona Apple est connue pour son approche sans compromis. Fetch the Bolt Cutters, son premier album en huit ans, s’inscrit dans l’air confiné du temps puisque la Californienne l’a enregistré dans sa maison de Venice Beach avec les musiciens Amy Aileen Wood, Sebastian Steinberg et Davíd Garza. Il en émane un son brut et très percussif. On y entend les jappements de ses chiens, son souffle, du bruit ambiant…

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Fiona Apple nous amène dans son quotidien et au cœur de son tumulte intérieur (ses paroles abordent la mort, la masculinité toxique, les cicatrices du passé), avec des musiques qui ne respectent aucune convention pop. 

Sur la pièce-titre, Fiona Apple parle plus qu’elle ne chante (façon Kate Tempest). Elle raconte comment elle a dû se battre contre l’image d’elle qui circulait au début de sa carrière. « I won’t shut up », répète-t-elle sur la puissante Under the Table, où elle décrit un souper auquel elle n’a pas envie de participer et où elle reçoit des coups de pied sous la table quand le vin lui monte à la tête.

Sur For Her, Fiona Apple raconte un viol avec une succession de phrases coups de poing. Si la chanson Ladies vibre d’une mélodie soul, si Heavy Balloon a une ouverture électro et qu’il y a d’entraînants élans jazz sur l’album, ce sont les textes de Fetch the Bolt Cutters et l’interprétation viscérale de son autrice qui lui donnent sa force de frappe.

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IMAGE FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Pochette de l’album Fetch the Bolt Cutters, de Fiona Apple

Il n’y a aucun refrain sucré ici, mais des textes à l’amertume cinglante. L’esprit libre de Fiona Apple est contagieux… et hautement libérateur.

★★★★

Chanson alternative. Fetch the Bolt Cutters, Fiona Apple, Sony.