Alors que tous les yeux du Québec seront tournés vers Laurent Duvernay-Tardif à l’occasion du 54e Super Bowl, ce dimanche à Miami, un autre Québécois occupera un rôle crucial lors du plus grand événement sportif de la planète. C’est toutefois lors du concert de Shakira pendant le très attendu spectacle de la mi-temps que les talents du « beatmaker » Alexander Castillo Vasquez s’exprimeront.

Pierre-Marc Durivage
Pierre-Marc Durivage La Presse

Si Laurent Duvernay-Tardif assure la protection du quart-arrière Patrick Mahomes, Alexander Castillo Vasquez s’est quant à lui chargé de préparer le terrain à Shakira en mettant au point le pot-pourri que la vedette colombienne chantera pendant le très attendu spectacle qui mettra aussi en vedette Jennifer Lopez. « C’est incroyable de pouvoir vivre ça, nous a dit le musicien de 28 ans. C’est vraiment impressionnant de voir le nombre de personnes qui travaillent pour un spectacle de quelques minutes. C’est vraiment une expérience inoubliable. »

Alex travaille depuis maintenant trois mois sur la prestation de Shakira, pour qui il a déjà composé cinq chansons. En fait, le Montréalais n’en est pas à ses premières armes avec des ténors de la pop et du hip-hop; il a aussi signé la musique d’artistes comme Justin Bieber, Nicki Minaj, Selena Gomez, Ke$ha, Ricky Martin et Pitbull. Mais travailler sur le spectacle de la mi-temps du Super Bowl l’a plus que jamais sorti de sa zone de confort. « La mission était de prendre toutes ses chansons et de les condenser en quelques minutes, a expliqué celui qui a commencé sa carrière en composant pour le rappeur québécois K-Maro. Il fallait déterminer quelles parties de quelles chansons choisir, comment les reproduire de la meilleure façon, trouver le bon rythme entre les passages plus dansants et les moments plus intenses, en plus de trouver le moyen d’inclure quelques surprises. Ç’a été un véritable tour de montagnes russes. »

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Alexander Castillo Vasquez a d’abord passé deux mois à Barcelone avec Shakira pour travailler sur la trame sonore que nous entendrons dimanche pendant la mi-temps du match opposant les Chiefs de Kansas City aux 49ers de San Francisco. « On a travaillé ensemble, selon sa propre vision, nous a-t-il indiqué. Elle m’a fait confiance pour traduire ce qu’elle avait en tête. Pendant que je me concentrais sur la musique, Shakira s’est chargée d’une foule de trucs en même temps, comme les chorégraphies, l’éclairage, le travail en studio. Justement, on a peaufiné chaque détail de la trame sonore ; on compte les secondes pour s’assurer d’inclure tout ce qu’il faut au bon moment. »

PHOTO TIMOTHY A. CLARY, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Shakira

« La NFL nous donne carte blanche, mais à quelques jours du spectacle, on doit maintenant tous être au diapason, a poursuivi le jeune artiste qui travaille à Miami depuis déjà un mois en prévision du spectacle. Au début, c’est donc un processus créatif, mais à présent n’importe quelle petite modification doit être communiquée à toute l’équipe. Mais actuellement, je peux t’assurer qu’on est tous sur la même longueur d’onde. »

Un numéro original

Le jeune compositeur, qui compte bientôt collaborer de nouveau avec des artistes du Québec – Ruffsound, Billboard, Realmind et Loud sont tous des amis –, assure ainsi avoir créé quelque chose d’original pour Shakira, un numéro qui devrait faire sa marque. 

On a adopté une approche différente des autres spectacles du Super Bowl, mais je ne peux pas donner trop de détails. C’est sûr qu’il y a des musiciens qui jouent en direct, on en tient compte, mais d’une autre manière. Vous allez voir dimanche.

Alexander Castillo Vasquez

Né d’une mère d’origine colombienne et d’un père d’origine dominicaine, Alexander Castillo Vasquez n’a jamais été un grand amateur de football. Mais il ne manquait jamais le spectacle de la mi-temps, l’un des concerts les plus regardés de l’année. Il se pince encore quand on lui rappelle la portée de l’événement.

« Le spectacle du Super Bowl, c’est 14 minutes, ce n’est pas long. Je n’aurais jamais pensé que ça nécessiterait une telle somme de travail pour que ce soit parfait et cohérent, a affirmé le jeune homme. Plus on approche du jour du spectacle, plus on voit combien c’est gros. On se rend compte qu’on ne peut négliger aucun détail, on ne peut se permettre aucune erreur. Il y a de la pression, c’est certain. Mais on est très satisfaits de toute l’équipe. Ça va être un bon show. »

Super Bowl LIV, dimanche à 18 h sur les ondes de RDS