La roue tourne pour Christophe Maé : il était de passage cette semaine au Québec pour boucler sa tournée amorcée en Europe, il y a trois ans, et en a profité pour présenter son album à paraître le 25 octobre, La vie d’artiste. La star française n’y parle pourtant pas des gens du spectacle, mais des « différents rôles que chacun doit endosser » dans la vie.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

« Il est où le bonheur ? », demandait Christophe Maé dans cette chanson qui a lancé sa carrière au Québec, il y a moins de deux ans. Il était dans le visage du chanteur français lorsqu’il est entré, tout sourire, dans le studio situé à l’orée du Vieux-Montréal, où on a pu entendre l’intégralité de son prochain disque, en début de semaine. Il est encore dans ses chansons, le bonheur, dans ce choix délibéré d’éviter le pathos et de proposer des airs qui cherchent à donner des ailes.

« J’essaie toujours de faire ressortir l’espoir, j’essaie toujours de fédérer, explique la star française. On est tous conscients que rien n’est facile dans la vie, qu’il n’y a pas d’histoires faciles. »

Sa toute nouvelle chanson, Les gens, pose d’ailleurs un regard global sur la société en évoquant, dans une écriture qui rappelle une succession de polaroïds, autant les dirigeants que les Jean Valjean, les gens « qui brassent de l’or » et les indigents. 

J’essaie de braquer les projecteurs sur ce que je vois, à commencer par les gens dans la rue.

Christophe Maé

Il passe aussi habilement du collectif à l’intime. Les gens, au fond, c’est aussi une histoire d’amour. Un peu la sienne.

« Ça fait 16 ans que je suis avec ma femme et on se démerde, expose-t-il. On essaie de faire au mieux, d’avoir une vraie vie sociale avec des proches qui nous aiment et d’élever nos enfants au mieux. »

Variété au menu

Christophe Maé, révélé en France il y a plus d’une décennie dans une comédie musicale, a publié quelques albums aux sonorités plus pop au tournant des années 2010. « C’était plus axé sur le son et l’énergie que sur ce que je racontais », juge-t-il aujourd’hui. Pour La vie d’artiste, il a voulu un son plus organique. Plus proche de l’expérience live.

L’album, qui compte 12 chansons, est d’une grande variété sur le plan musical : on y passe de la pop française aux rythmes latins (Week-end sur deux), de la musique africaine (La plus jolie des fées, avec Richard Bona) au rock plus emphatique (La vie d’artiste, sur une suite d’accords qui rappelle immédiatement Wonderwall d’Oasis). Christophe Maé aime les musiciens. Alors, pour son disque, il en a « séquestré » venant d’horizons divers.

Cet emprisonnement a dû être assez doux : c’était, après tout, dans un studio du sud de la France. Il était aussi là, le bonheur, comprend-on en écoutant le chanteur évoquer ces séances d’enregistrement. « Le luxe, pour moi, c’est ça : j’ai un confort de travail, dit-il. J’ai pu prendre le temps, pendant un mois et demi, du matin au soir, avec tous les musiciens logés au même endroit. »

Aller à l’essence

Ce « luxe » lui a permis d’aller à l’essence de ses chansons, même si les arrangements sont souvent étoffés et les percussions par moments carrément emballantes. Christophe Maé est fier de pouvoir dire que chaque chanson pourrait exister sans son emballage. « La musique que j’ai au fond de moi, c’est une voix et une guitare », précise-t-il, citant en exemple Francis Cabrel, un artiste qui l’a marqué.

Et au sujet de ce tourbillon qui n’arrête pas – finir une tournée et lancer un album un mois plus tard, quand même… –, il n’a qu’une chose à dire : il ne tient pas en place. Il aime être continuellement en mouvement. « Il vaut mieux venir me voir en concert que de vivre à mes côtés, pense-t-il. Je suis un hyperactif, je n’arrête pas. Je finis une tournée, je me repose trois jours et je reprends le stylo. J’ajoute déjà des dates… »

« J’ai ce privilège de faire de la musique. C’est rien que de la musique, convient-il, mais j’ai l’impression que ça fait du bien aux gens. » 

Pour lui, il est là, le bonheur.

Christophe Maé, La vie d’artiste, Warner Music, sortie le 25 octobre