Trio débauché du quintette Blind Digital Citizen, Pion lance un premier album dans le giron d’Entreprise, label lié à une enthousiasmante nouvelle vague française : Moodoïd, Fishbach et Voyou y sont notamment installés.

Charles-Éric Blais-Poulin Charles-Éric Blais-Poulin
La Presse

Outre le titre de l’album et une inclination pour les synthés, ce 22:22 n’a rien à voir avec le 22h22 d’Ariane Moffatt.

Nous sommes ici dans une chanson rock exaltée et messianique, dont les fulgurances font oublier quelques références érudites qui trahissent un certain parisianisme.

Aucun doute que les trois gars ont un bagage musical qui transcende les décennies, nouant avec l’aisance d’un chef scout les codes de la chanson francophone et des musiques anglo-saxonnes (prog rock, acid house, psychédélisme).

PHOTO FOURNIE PAR ENTREPRISE

22:22, de Pion

Voilà la grande jouissance : que tous les instruments, influences et techniques de production, d’avant et d’aujourd’hui, s’imbriquent avec une telle cohérence.

Même croisement heureux dans les textes incantatoires et engagés, alors que Pion déterre autant le passé qu’il invente l’avenir.

À l’image des paradoxes qui soudent les neuf pièces, François Devulder vient à implorer : « Unissez-vous, détruisez-vous ». L’époque lui répondra bien assez vite.

★★★★

Rock indé. 22:22. Pion. Entreprise.