Le quatrième album studio de Bon Iver, véhicule musical et chansonnier de l’Américain Justin Vernon, résulte d’un effort maximal.

Alain Brunet Alain Brunet
La Presse

Les fondements esthétiques restent sensiblement les mêmes : brillante intégration de folk, d’électro, de gospel, de soul, de jazz et de classique contemporains, vaste spectre harmonique dans un contexte chansonnier.

Le registre de la voix varie entre le ténor et le contre-ténor, les fans plus âgés pourraient ici faire un léger rapprochement avec Peter Gabriel, mais dans un contexte assurément cyberfolk parfois assorti de chant choral et d’ambitieux compléments instrumentaux (anches, cuivres, guitares, claviers, harmonica, etc.), le tout exécuté par un aréopage de collaborateurs, dont certains forts connus (James Blake, Aaron et Bryce Dessner, Bruce Hornsby, Moses Sumney).

PHOTO FOURNIE PAR JAGJAGUWAR

i,i, de Bon Iver

Portés par des mélodies poignantes, les textes expriment poétiquement la vie privée et les observations sommaires d’un hypersensible : petits bonheurs, émerveillements, abandons, balafres, maux et guérisons, tremblements et accalmies.

Lorsqu’on atteint une telle maturité, nul besoin de faire de grands sparages, les virages à 180 degrés sont exclus.

Sur ce territoire inédit en 2008, année de For Emma, Forever Ago, Bon Iver n’avait vraisemblablement pas tout dit. L’exploration se poursuit.

★★★★

Cyberfolk, soul, musiques contemporaines. i,i. Bon Iver. Jagjaguwar.