Universal Music Canada lancera lundi prochain sa division francophone au Québec, la Maison Barclay. La maison de disques aura pour mission de faire rayonner dans le monde une musique locale au potentiel international.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Barclay, comme l’éminente étiquette français fondée dans les années 50, devenue une division de Universal. La nouvelle filiale canadienne n’a d’attache avec son homonyme français que le nom. Elle sera indépendante. Mais puisqu’elle est une extension de Universal, la Maison Barclay Canada se développera avec le soutien de la major.

Elle en fera usage dans un but bien précis, explique Sophie Barbe, directrice de Universal au Québec : exporter les créations musicales d’ici « en France, aux États-Unis et partout dans le monde ».

« La période est propice, car la musique est plus mondialisée que jamais », souligne Jeffrey Remedios, président de Universal Music Canada.

Notre but est de toucher la scène vibrante et nouvelle qui provient de Montréal et du Québec.

Jeffrey Remedios, président de Universal Music Canada

Arrivé à la barre de Universal Music Canada en 2015, le cofondateur de l’étiquette Arts & Crafts a vite constaté qu’« il fallait faire quelque chose pour que le Québec prenne sa place » à l’international.

L’industrie du disque porte une « longue tradition de labels qui ont une âme et une culture propres », dit-il. Def Jam (Beastie Boys, Kanye West) est associée à la musique urbaine, Island Records (Bob Marley), à « l’esprit de la Jamaïque » (du moins à ses débuts). Maison Barclay veut incarner la culture musicale locale. Et la faire voyager.

En français seulement ? « On vise les artistes canadiens-français avant tout, affirme Jeffrey Remedios. Mais la vraie réponse à cette question viendra progressivement. » 

Un ajout au milieu local

Sophie Barbe insiste sur le fait que la Maison Barclay n’est pas là pour « déranger le marché ». « On tente d’être une valeur ajoutée », précise-t-elle. 

Lui-même issu de la scène indépendante, Jeffrey Remedios valorise le travail accompli par les nombreuses étiquettes québécoises. La nouvelle étiquette n’empiétera pas sur leurs plates-bandes, assure-t-il. Elle travaillera même de concert avec certaines d’entre elles, comme le fait déjà Universal Music Canada. 

Mais puisque les labels québécois assurent surtout le rayonnement local et en France, il y avait une place à prendre, fait remarquer Sophie Barbe.

Les activités de la nouvelle étiquette se déploieront dans les bureaux de Universal Canada, récemment aménagés dans le Vieux-Port de Montréal, avec le soutien de la maison mère torontoise. À la tête de la machine, Guillaume Moffet, un ancien de la SOCAN et de Spotify. « Avec toutes les connaissances qu’il apporte, il était le candidat idéal », affirme Sophie Barbe.

Deux artistes sous contrat

Les deux premiers artistes à passer sous l’aile de Maison Barclay Canada sont québécois et francophones : Karim Ouellet, actif depuis bien des années, et Eli Rose, nouvelle venue en tant qu’artiste solo.

D’après Jeffrey Remedios, ils illustrent parfaitement ce que veut représenter la Maison Barclay. Leur musique a un potentiel international, selon lui.

Eli Rose, qui a chanté pendant huit ans au sein du duo Eli et Papillon, dit avoir tenté d’exporter sa musique à l’époque. L’exercice avait été « difficile » et « dispendieux ».

La chanteuse était sous contrat depuis un an chez Universal Canada avant de passer avec Maison Barclay Canada. Maintenant, elle est aussi une artiste de Maison Barclay en France. Son premier album paraîtra simultanément au Québec et dans l’Hexagone à l’automne.

Une chance donnée à peu d’artistes, mais qui a pu se concrétiser grâce à l’association entre les deux divisions Barclay. « Je me sens vraiment bien entourée, je suis heureuse », lâche l’auteure-compositrice-interprète de 31 ans.