Fini les annonces à la pièce, le Festival international de jazz de Montréal a dévoilé la grille complète de ses concerts en salle. Survol du riche programme avec les programmateurs Laurent Saulnier et Maurin Auxéméry.

Alexandre Vigneault Alexandre Vigneault
La Presse

Un festival de chanteuses

« On a beaucoup de chanteuses, cette année », constate Laurent Saulnier. La liste est en effet longue et ces voix ne sont pas les moindres : Dianne Reeves, Norah Jones, Stacey Kent, Melody Gardot, Bebel Gilberto, Madeleine Peyroux, Patricia Barber et on en passe. Du lot, plusieurs ont émergé ces 20 dernières années. « Pendant des années on a été très à l’affût de toute une nouvelle génération de chanteuses qui sont arrivées au début des années 2000 et on se dit qu’on ne fait que continuer le travail », explique le programmateur, rappelant que la toute première fois que Norah Jones est venue au Festival international de jazz de Montréal, c’était au Club Soda… Parmi les voix émergentes, Maurin Auxréméry pointe la française Cyrille Aimée et la Sud-coréenne Youn Sun Nah.

Célébrer ECM

PHOTO ANGELA JIMENEZ, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Craig Taborn

Ce n’est pas un artiste, mais plutôt un label qui est la première vedette de la série Invitation : ECM, étiquette de disques fondée à Munich en 1969 - et qui a donc 50 ans cette année - à laquelle on associe Keith Jarrett, Jan Garbarek ou encore Pat Metheny. Laurent Saulnier et Maurin Auxéméry proposent une brochette d’artistes qui, selon eux, montre à la fois le son actuel du label et « un vaste panorama de ce que ECM peut représenter » pour la musique jazz. Vijay Iver et Craig Taborn ouvrent la série, qui présente aussi le Tord Gustavsen Trio, Bobo Stenson en solo, Nick Bärtsch’s Ronin et le contrebassiste Larry Grenadier. Un coup de chapeau à Django, avec notamment Stéphane Wrembel et l’incontournable Biréli Lagrène, fait aussi partie des séries présentées au Gesù.

Effluves cubains

PHOTO FOURNIE PAR LE FESTIVAL DE JAZZ DE MONTRÉAL

Roberto Fonseca

Les sonorités cubaines seront aussi à l’honneur. Roberto Fonseca fait aussi partie de la série Invitation au Gesù avec trois concerts à compter du 29 juin : avec Erik Truffaz, en solo et avec Joe Claussel. Omara Portuondo, avec qui le pianiste cubain collabore depuis son passage au Buena Vista Social Club et, dans la foulée, son album Flor de Amor, sera au Théâtre Maisonneuve pour sa tournée d’adieu qui fera d’ici là des zigzags entre les États-Unis, l’Europe et l’Asie. Ce n’est pas tout : Chucho Valdés en sera aussi, à la Maison symphonique, pour présenter la matière de ses disques Jazz Bata.

Réinventions

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

André Papanicolaou

D’autres anniversaires seront soulignés dans la série Re : création. Le concert Dummy reviendra sur l’album qui a propulsé Portishead en 1994 et sur l’éclosion du trip hop. Après un Dark Side Of the Moon « à se jeter par terre » l’an dernier, selon Laurent Saulnier, Lucioles plonge dans le répertoire de Nirvana, dont le chanteur et guitariste Kurt Cobain s’est enlevé la vie il y a 25 ans maintenant. Dans les deux cas, on parle de réinterprétation avec grand ensemble. Dans des registres différents, André Papanicolaou revisite l’album Nebraska de Bruce Springsteen et, tel qu’annoncé plus tôt cette année, Yannick Rieu va jouer The Lost Album de John Coltrane. Laurent Saulnier précise que, à sa connaissance, ce sera la toute première fois que les morceaux de Both Directions at Once : The Lost Album (enregistré en 1963, mais publié seulement l’an dernier) seront joués en concert.

Du rock et des découvertes

PHOTO AMY HARRIS, AP

Alt-J

Maurin Auxéméry fait valoir la série « assez canon » programmée à L’Astral où il sera possible de faire de belles découvertes. « Tous les gens qui sont là ont été choisis avec la plus grande minutie », assure-t-il. Il cite en outre Hailu Mergia (Éthiopien qu’il situe dans le sillage de Mulatu Astatke), Joep Beving (avec le quatuor à cordes ACME), Ifé (projet électro portoricain) et Tamino (une « future énorme star »). Le festival de jazz ne serait pas le même sans ses concerts pop et rock. Du menu de cette année, soulignons la venue de Alt-J pour deux soirs à la salle Wilfrid-Pelletier et les très rares Mercury Rev.