L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) marque son retour de tournée européenne par trois programmes distincts, exclusivement consacrés à Wolfgang Amadeus Mozart. Les chefs invités Hervé Niquet et Bernard Labadie présideront aux exécutions de ces rendez-vous d’avril, sans compter le Chœur de l’OSM et plusieurs solistes importants.

Alain Brunet Alain Brunet
La Presse

Sous la direction du maestro et claveciniste français Hervé Niquet, l’OSM se plonge dans l’exécution de deux œuvres imaginées par Mozart à l’apogée de son art. Dans un premier temps, on parle ici de la Symphonie no 41 en do majeur, KV. 551, dite Jupiter, legs tout simplement génial. La partition de l’œuvre a été écrite en 1788 par le compositeur alors âgé de 32 ans, soit trois années avant sa mort. On sait que la composition du Requiem en ré mineur, K. 626, fut stoppée par la mort de Mozart en 1791, et finalisée par d’autres – Joseph Leopold Eybler et Franz Xaver Süßmayr – à la demande de sa veuve Constance. La soprano Heather Newhouse, la mezzo-soprano Marie-Claude Chappuis, le ténor John Tessier, le baryton Philippe Sly et le Chœur de l’OSM sous la direction d’Andrew Megill seront mis à contribution pour mener à bien l’interprétation de l’extraordinaire Requiem.

Requiem et symphonie Jupiter de Mozart, à la Maison symphonique, les 18 et 19 avril, 20 h.

PHOTO  JEAN-FRANÇOIS RIVARD, FOURNIE PAR L’OSM

Le pianiste français Alexandre Tharaud

L’andante du Concerto no 21 en do majeur pour piano et orchestre, K. 467, est connu de quiconque ne pourrait en identifier le compositeur. Écrit à Vienne en 1785, cet air est gravé dans l’imaginaire universel, prisé pour son calme majestueux et la plénitude qu’il induit chez l’auditeur. L’exécution de l’œuvre par le pianiste français Alexandre Tharaud et l’OSM sous la direction du Québécois Bernard Labadie relance une collaboration entre les deux musiciens très appréciés des mélomanes d’ici. On enchaînera avec deux ouvertures d’opéras mozartiens : Der Schauspieldirektor (Le directeur de théâtre), K. 486, et La clemenza di Tito (La clémence de Titus), K. 621, opéras respectivement composés en 1786 et en 1791. Le programme sera complété par l’exécution de la Symphonie no 39 en mi bémol majeur, KV. 543, composée en 1788.

Concerto no 21 pour piano et Symphonie no 39, à la Maison symphonique, ce soir, 20 h.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

La harpiste Valérie Milot

L’universellement connue Eine kleine Nachtmusik (Une petite musique de nuit), K. 525, sera jouée un matin par l’OSM sous la direction de Bernard Labadie. Voilà une pièce de 16 minutes dont on doit entendre au moins une fois l’exécution en temps réel, question de poser les bases de sa culture classique. Timothy Hutchins et Valérie Milot seront mis à contribution pour le Concerto pour flûte et harpe en do majeur, K. 299, écrit à Paris en 1778, à la demande du duc de Guînes. Sans entracte, ce programme matinal sera complété par l’exécution de la Symphonie no 36 en do majeur, K. 425, dite Linz – c’est-à-dire le lieu où l’œuvre fut écrite à toute vitesse parce que Mozart n’avait pas de partitions de ses œuvres lorsqu’on lui demanda de donner un concert à Linz, étape d’un trajet entre le domicile paternel de Salzbourg et sa résidence de Vienne.

Eine kleine Nachtmusik, Concerto pour flûte et harpe et Symphonie no 36, à la Maison symphonique, jeudi 18 avril, 10 h 30.

Contemporain: À la découverte d’Isang Yun avec 14 violoncellistes

PHOTO BRENT CALIS, FOURNIE PAR MATT HAIMOVITZ

Le violoncelliste montréalais
 d’adoption Matt Haimovitz

Sous étiquette Pentatone (Oxingale Series), Sunrise Falling est le plus récent album du violoncelliste montréalais d’adoption Matt Haimovitz. L’objet de cet enregistrement est de nous faire découvrir la musique d’Isang Yun (1917-1995), compositeur coréen dont on a souligné il y a deux ans le centenaire de la naissance. Dans la foulée de cette sortie, Matt Haimovitz a réuni 14 violoncellistes, provenant de sa classe de l’École de musique Schulich de l’Université McGill, pour présenter tout un programme consacré à la musique d’Isang Yun. Ce dernier fut d’ailleurs violoncelliste en plus de s’avérer un compositeur marquant du XXe siècle, reconnu tardivement pour ses brillants alliages de musiques contemporaines européennes et de musiques traditionnelles coréennes. Le programme comprendra également Glissées, pour violoncelle solo (1970), et une série d’Études solo, sans compter le duo Together, exécuté de concert avec le violoniste Axel Strauss.

Au Café Résonance, ce soir, 21 h.

Baroque, romantique, moderne: Deux Érard, c’est rare!

PHOTO FOURNIE PAR CLAVECIN EN CONCERTS

 Jean-Philippe Sylvestre et Luc Beauséjour

Deux Érard, c’est rare ! est le titre d'un  concert-bénéfice mis de l’avant par l'organisme Clavecin en concert qui célèbre sa 25e année d’existence. L’objet de ce programme sera de mettre en valeur la sonorité de deux instruments exceptionnels de la maison française Érard, soit deux pianos construits au XIXe siècle. Pour l’occasion, Luc Beauséjour et Jean-Philippe Sylvestre interpréteront  des pièces issues de différentes époques : 25e Ordre, Pièces de clavecin, de François Couperin, Le Tombeau de Couperin de Maurice Ravel, Sonate en sol majeur pour deux piano de Jean-Chrétien Bach, Prélude, fugue et variation pour deux pianos de César Franck, Concerto en do mineur pour deux claviers, BWV 1060, de Jean-Sébastien Bach. À la Salle Bourgie, mercredi 17 avril, ce soir, 19 h 30.

Contemporain: La Nef et The American Art Song

La Nef présente le ténor Michael Slattery. Sous la direction de Seán Dagher, le chanteur  new-yorkais interprétera des incontournables de Bob Dylan, Tom Waits, Elton John, Paul Simon, Joni Mitchell, Lady Gaga, répertoire entrelardé de grands airs contemporains composés en Amérique, on pense notamment aux compositeurs Leonard Bernstein, Aaron Copeland,  Charles Ives et Craig Urquhart.

À la maison de la culture Maisonneuve, ce soir,  20 h.

Moderne, romantique, postromantique: Cinq compositrices, un siècle de musique

PHOTOS FOURNIES PAR PENTAÈDRE

Lysandre Ménard et l’ensemble Pentaèdre

Respectées et admirées à leur époque, elles n’ont peut-être pas encore franchi la barrière du temps car elles sont presque ignorées de nos jours. D’où cette initiative on ne peut mieux justifiée du quintette à vent Pentaèdre, qui invite la jeune pianiste Lysandre Ménard - rappelons que cette dernière campait un rôle important dans le film La Passion d’Augustine de Léa Pool. Dans différentes configurations, les interprètes joueront les œuvres suivantes des compositrices mises en relief : Quintette à vent d'Hedwige Chrétien (1859-1944), Sextuor pour piano et vents de Louise Farrenc (1804-1875), Scènes de la forêt, pour flûte, cor et piano de Mel Bonis (1858-1937), Quintette en ut de Claude Arrieu (1903-1990), Ouvrage de dame, thème et variations pour quintette à vent  d’Elsa Barraine  (1910-1999).

À la Salle Bourgie, mercredi 24 avril, 19h30.

Jazz contemporain: Relecture d’un classique

PHOTO FOURNIE PAR ARTE MUSICA

Le saxophoniste montréalais André Leroux (Speak No Evil)

Dans la fabuleuse discographie du saxophoniste, compositeur et improvisateur Wayne Shorter, tout en haut dans les priorités se trouve l’opus Speak No Evil, sorti chez Blue Note en 1966 – avec à ses côtés Freddie Hubbard, trompette, Herbie Hancock, piano, Ron Carter, contrebasse, et Elvin Jones, batterie. Pour la relecture de ce grand classique du jazz contemporain, le saxophoniste montréalais André Leroux réunit le trompettiste Lex French, le pianiste François Bourassa, le contrebassiste Rémi-Jean LeBlanc et le batteur Kevin Warren.

À la salle Bourgie, jeudi 25 avril, 18 h (sans entracte).

Traditionnel, ancien, romantique, contemporain: Mélodînes avec Antoine Malette-Chénier et ses harpes anciennes

Soliste en pleine ascension, le harpiste Antoine Malette-Chénier couvrira un vaste terrain dans le cadre de ce programme émaillé d’oeuvres classiques et traditionnelles interprétées à l’heure du lunch, dans cadre des Mélodînes: Sprightly Kitty (trad. Irlandais), Carolan’s Favorite Gig de T. O’Carolan, Mary Young and Fair (Trad. Écossais), The Galloping Nag de J. Playford, Toccata Arpeggiata de J. Kapsberger, Bonjour mon cœur de P. Phillips, Plainte faite à Londres pour passer la mélancolie de J.J. Froberger, Ancidetemi Pur per l’Arpa de G.M. Trabaci, Prélude de G. Sanz, Sonate pour harpe de G. Laurent, Fantaisie pour harpe en do mineur de L. Spohr, Nocturne pour harpe de M. Glinka, Fantaisie sur le Rondo Zitti Zitti du Barbier de Séville de N.C. Bochs. Harpe gaëlique, harpe baroque triple et autres harpes anciennes seront mises à contribution pour les exécutions.

À la salle Claude-Léveillé de la Place des Arts, le jeudi 25 avril, 12h10.

Romantique: Brahms pour piano : l’intégrale se poursuit

PHOTO DARIO ACOSTA, PROTO FOURNIE PAR ARTE MUSICA

Garrick Ohlsson

Jouée en quatre récitals répartis sur deux saisons, l’intégrale de l’œuvre pour piano de Johannes Brahms est exécutée par le renommé Garrick Ohlsson, 71 ans, virtuose américain renommé mondialement depuis le milieu des années 60 - vainqueur du prestigieux Concours international de piano Frédéric Chopin en 1970, aussi gagnant en 1966  du Concours Busoni en Italie et du  Concours de Montréal. Ainsi donc, Ohlsson revient parmi nous afin d'exécuter la Sonate en fa dièse mineur, op. 2, le Klavierstücke, op. 118;  l’Intermezzi, op. 117, et les Variations et fugue sur un thème de Handel, op. 2.

À la Salle Bourgie, vendredi 26 avril 2019 à 19h30

Classique: Jour et nuit avec Haydn et I Musici de Montréal

PHOTO  ROLLAND MARCOTTE, FOURNIE PAR I MUSICI DE MONTRÉAL

Le maestro 
Jean-Marie Zeitouni

Symphonie no 6 en ré majeur (Le matin), Symphonie no 7 en do majeur (Le midi), Symphonie no 8 en sol majeur (Le soir) : à travers ces trois symphonies plutôt brèves, écrites pour le prince Esterházy, Joseph Haydn passait de la clarté à la pénombre avec sa maîtrise colossale de la composition pour grand ensemble, mais aussi par son imagination débordante et son humour proverbial. Voilà un ambitieux tour du cadran envisagé par le maestro Jean-Marie Zeitouni et l’ensemble I Musici de Montréal, tour complété par La Musica Notturna delle strade di Madrid, op. 30, no 6, du compositeur italien Luigi Boccherini (1743-1805).

À la salle Bourgie, mardi 30 avril, 20 h.

Classique, moderne, contemporain: l’OSL conclut sa saison sous le thème de la liberté

Le thème du dernier concert de la saison de l’Orchestre symphonique de Laval est Liberté, de manière à souligner le 30e anniversaire de la chute du mur de Berlin, fort symbole de liberté s’il en est. La Symphonie no3 Beethoven en mi bémol majeur, op. 55, dite Héroïque, correspond bien à cet idéal liberté, inspiré notamment de la Révolution française. Un siècle plus tard, la Symphonie Mathis le peintre, de Paul Hindemith, critiquait le régime nazi et ses conséquences sur la liberté. Enfin, la compositrice montréalaise Nicole Lizée, un être extrêmement libre dans son expression, suggère une œuvre multimédia pour orchestre, exécutée par l’OSL sous la direction d’Alain Trudel.

À la salle André-Mathieu, mercredi 24 avril 19h30