La soeur du Web, le frère de Marieme

Les frère et soeur Ali, alias Webster, et Marieme Ndiaye... (Photo Marco Campanozzi, La Presse)

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Les frère et soeur Ali, alias Webster, et Marieme Ndiaye

Photo Marco Campanozzi, La Presse

Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

Au cours de l'été, La Presse vous présente des frères et soeurs de création. Cette semaine : Ali, alias Webster, et Marieme Ndiaye.

Ali Ndiaye, alias Webster, est une figure incontournable du milieu hip-hop depuis plus de 20 ans. Quelques années après ses débuts, sa soeur Marieme a insufflé un vent de fraîcheur à l'industrie musicale québécoise avec sa reggae pop. Malgré leurs styles très différents, les deux artistes doivent leur passion à leurs parents.

La chanteuse affirme qu'ils sont nés dans un nid de rythmes et de musique, même si leurs parents n'en faisaient pas. « On écoutait énormément de musique à la maison, de Jacques Brel à Bob Marley, en passant par Barbara, Léo Ferré, du reggae et de l'afrobeat, se souvient-elle. Nos parents étaient des mélomanes. »

Son frère, surnommé Webster en référence au dictionnaire, parce que ses amis trouvaient qu'il avait d'énormes connaissances, croit que sa soeur et lui ont canalisé le côté festif et intello de leurs parents. « Marieme adore danser, mais pas moi, dit-il. J'écris des textes qu'on doit lire en s'assoyant pour les décortiquer. À deux, on recrée l'énergie de nos parents. »

L'image de vieux sage qui suit le rappeur a aussi influencé la vie de sa soeur. « C'est la légende du hip-hop, le grand manitou de Limoulou, illustre sa cadette. En étant la soeur du Web, je suis backée. Il ne peut rien m'arriver dans la rue, dans une ruelle ou dans un club. Je suis protégée. » Parfois un peu trop, surtout à l'adolescence. « Certaines personnes se disaient "on va la regarder de loin" », ajoute-t-elle.

« Quand j'étais jeune, je tenais à dire que j'étais autre chose que sa soeur. Mais, ça demeure une fierté. » - Marieme Ndiaye

Accompagnant son aîné dans plusieurs spectacles de sous-sols d'église et vivant ses premiers enregistrements à ses côtés, la créatrice le trouve inspirant pour plusieurs raisons. « En termes de travail d'écriture, de rigueur et d'efforts pour produire ses - nombreux - projets, il est devenu un exemple. Je le voyais répéter avec ses amis dans le sous-sol chez nous sans arrêt. Il rappait, rappait, rappait ! »

INVERSION DES RÔLES

De son côté, Webster admire particulièrement la carrière médiatique de Marieme, qui travaille également à la télévision et à la radio. « Je suis son aîné en musique, mais elle est mon aînée en communications. J'entre dans ce milieu tranquillement. Elle m'a donné beaucoup de conseils pour manoeuvrer dans l'industrie. »

Il ne ressent d'ailleurs aucune jalousie quand on lui fait remarquer que sa petite soeur a été connue du grand public avant lui. « J'ai été connu du public hip-hop en premier, mais je sais que c'est un mouvement qui peine à se faire respecter dans les médias, que seule une infime section d'artistes rap est entendue aujourd'hui et que je fais du rap qui n'est pas radiophonique. C'est normal qu'une fille comme ma soeur, qui anime à la télé et qui fait de la pop reggae soul, soit plus connue du grand public. »

Celui qui est de plus en plus connu comme militant et historien évoque d'ailleurs que les rôles se sont inversés avec le temps.

« Avant, elle était la soeur du Web, partout où elle allait. Maintenant, je suis le frère de Marieme. Ça me rend fier. Ça montre qu'elle travaille fort et que de belles choses se passent. » - Webster

Même s'ils s'invitent mutuellement dans leurs spectacles, les Ndiaye ne sont pas du genre à se consulter en pleine création. « Je suis un travailleur égoïste, affirme Webster. J'écris et ensuite, je montre. Je ne demande pas l'avis des gens constamment. C'est propre au rap. » Sa soeur rattrape la balle au bond. « Et ça va bien avec ta personnalité ! », dit-elle en rigolant.

La jeune femme a une approche moins solitaire. « Je travaille ma musique et mes textes avec mes groupes. Je suis ouverte à ça. Mais, je ne demande pas conseil à mon frère. » Celui-ci poursuit : « Nos univers artistiques sont en silos. On n'a pas une si grande proximité dans le processus créatif. »

AU CINÉMA

Le jour de l'entrevue, ils s'étaient levés aux aurores pour le tournage du premier long métrage de Monia Chokri, La femme de mon frère, afin de tourner une scène dans laquelle de vrais frères et soeurs se promènent dans une barque sur le lac aux Castors.

En fait, la comédienne et réalisatrice est une de leurs amies d'enfance. « Monia et Marieme ont le même âge, et j'ai le même âge que son frère Medhi, révèle Ali. On a grandi ensemble. C'est une fierté de faire partie de son projet. »

Il ajoute que le projet qui lui tient le plus à coeur avec sa soeur est simplement de poursuivre leur belle relation. « Vieillir ensemble, se voir évoluer et réussir à nous voir malgré nos horaires de fous, c'est ça le plus important. »




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