Il a remporté quatre prix, dont celui de l'artiste de l'année aux Asian Music Awards (MAMA), la semaine dernière. Il a fait un duo avec Missy Elliott et s'apprête à collaborer avec Justin Bieber. Son nom: G-Dragon.

Émilie Côté LA PRESSE

Après Psy qui a dominé les palmarès de fin d'année en 2012, la star pop sud-coréenne G-Dragon pourrait à son tour s'exporter en Amérique du Nord. Au printemps dernier, Psy et G-Dragon ont par ailleurs lancé le duo Gentleman Crayon.

Sur son troisième album, intitulé Coup d'État (auquel l'influent site américain Pitchfork a accordé une note enviable de 6,1 sur 10), G-Dragon collabore avec les musiciens électroniques occidentaux renommés Diplo, Baaeur, Boys Noize et Sky Ferreira. En août dernier, il s'est produit à Los Angeles devant 20 000 personnes aux côtés de sept autres artistes avec la tournée KCON. Grâce à ses chansons en anglais, il pourrait facilement percer les marchés européen et américain.

Âgé de 25 ans, Kwon Ji-Yong est un enfant de la K-pop. Il a commencé sa carrière à 8 ans au sein du groupe Little Roora. Quand il découvre l'album Enter the Wu-Tang: 36 Chamber du mythique groupe rap, c'est une révélation: il commence à prendre des cours de rap et de danse.

À 12 ans, il songe plutôt à reprendre une vie normale d'écolier quand un représentant de l'important label coréen YG Entertainment (celui de Psy) le repère et le recrute lors d'un voyage en ski. C'est au sein du duo GDYB que Kwon Ji-Yong devient G-Dragon. Ensuite, il se joint au groupe BIGBANG, qui reprend le tube This Love de Maroon 5.

Carte de mode, G-Dragon a tout pour être la parfaite star K-pop: il danse, il chante et il est beau gosse avec son look androgyne.

Fort de trois albums solos, G-Dragon est une star en Asie avec 2,3 millions d'abonnés sur Twitter. Le jeune homme compte même quelques admiratrices au Québec. «Il a une voix unique. Il a un style unique. Il est unique», s'enthousiasme Lizanne Houle, membre d'un groupe Facebook consacré à la K-Pop. «G-Dragon est un artiste avec une forte personnalité. Il peut aller vers différents genres tout en restant lui-même. Il se démarque des autres artistes K-pop, même de certains artistes américains. Je crois qu'il pourrait avoir un certain succès en Amérique du Nord», ajoute Sarah Tremblay, administratrice du groupe.

Julie Corneau, qui gère le forum Qc-kpop, a découvert G-Dragon en 2010. «Je l'ai vu en spectacle l'an dernier à Newark avec son groupe BIGBANG. Il est différent des autres artistes coréens. Il est extraverti. Il écrit des chansons avec des mots censurés en Corée en faisant référence à l'alcool. Ses costumes et ses clips sont psychédéliques. Sa musique va plus loin, mais elle se fond bien dans la K-Pop», détaille-t-elle.

Une industrie de 3 milliards

L'industrie de la musique pop coréenne se chiffre à 3 milliards de dollars (selon la Korea Creative Content Agency). Elle domine 80% du marché de la musique de la Corée du Sud, qui compte une population de 50 millions d'habitants.

Depuis quelques années, le phénomène de la K-Pop transgresse les frontières de la Corée et du Japon, où elle connaît aussi beaucoup de succès. L'an dernier, le groupe Girls' Generation a visité les plateaux de David Letterman et de Live! with Kelly.

Le groupe 2NE1 a collaboré avec Will.i.am des Black Eyed Peas. Et l'an dernier, tout le monde ou presque a entendu Gangnam Style de Psy. C'est l'an prochain que sera lancé le duo de G-Dragon et Justin Bieber. «G-Dragon parle bien anglais. De tous les artistes coréens solos, c'est lui qui a le plus de potentiel en ce moment», souligne Julie Corneau.