«Élégance dans le style», «intelligence dans la rime»: le rappeur montréalais Rod le Stod a remporté samedi soir le concours du 44e Festival international de la chanson de Granby.

Daniel Lemay LA PRESSE

Comme la foule du Palace, le grand jury du festival, composé de quelque 110 intervenants et observateurs québécois, canadiens et européens de la chanson francophone, a été touché par l'énergie et la fougue du rappeur au costard noir qui fait de la défense du français son cheval de bataille chantant. Efficace dans le propos et dans la présentation du propos, Rod le Stod a aussi reçu le prix soulignant la qualité du français.

«Je viens de Notre-Dame-de-Grâce, un des quartiers les plus multi-ethniques au Canada, et il m'arrive d'avoir de la misère à me faire servir en français... à Montréal», dira Rod le Stod (Rodolphe Demers) en guise de présentation à «Pas né pour un p'tit pain», troisième et dernière pièce de sa prestation dans laquelle toutes les figures de l'histoire politique récente sont évoquées (Parizeau, Bouchard) ou interpelées (Charest, Tremblay).

Sans acquiescer l'ovation des 900 spectateurs du Palace dont la moitié était debout, Rod le Stod a quitté la scène tête basse, comme un boxeur vidé. «On était dans notre bulle : on n'entendait plus rien», nous expliquera après coup Johnny Danger (Jean-Philippe Grenier), l'efficace compagnon de scène de Rod le Stod qui rentre à Montréal avec plus de 70 000 $ en prix (voir www.ficg.qc.ca) dont une bourse de 10 000 $ offerte par le présentateur CKOI et une autre de 25 000 $ présentée conjointement par le 96,9 FM et le Festival .

Le jury devait choisir l'artiste jugé le plus apte, d'après ses trois pièces de la finale,  à faire le grand saut dans le showbiz, avec CD, campagne de promotion et tout. Rod le Stod se sent-il prêt à la chose ? «Wow ! man ! je suis prêt à faire tous les sauts !», nous dira l'étudiant de maîtrise de l'École nationale d'administration publique.

Rod le Stod sera de l'émission Belle et Bum le samedi 29 septembre à Télé-Québec où, comme à Granby, le lauréat du Festival international de la chanson - il succède au slammeur Lippé -- aura l'opportunité de livrer son message accompagné d'un orchestre top niveau.

À sa deuxième présence à Granby où il avait atteint les demi-finales l'an dernier, le trio Pandaléon a pour sa part remporté le prix des FrancoFolies de Montréal, consistant en une prestation dûment rémunérée au festival montréalais, le printemps prochain. Les Francontariens de St-Bernardin devraient alors y présenter leur premier album qu'ils prévoient lancer au début de 2013, nous a confié le chanteur et pianiste Frédéric Levac. «On a appris plein de choses et rencontré des gens merveilleux, ici à Granby. On repart avec la certitude qu'on est sur la bonne voie et qu'il faut continuer».

Les autres finalistes du concours du 44e Festival international de la chanson de Granby étaient le quatuor a cappella Les Gourmandes et les auteures-compositrices-interprètes Geneviève Morissette du Saguenay, Marjorie Fiset de Montréal et la Granbyenne Rosie Valland qui a livré une très belle chanson sur le Montréal du «printemps érable», la ville au «grand foulard rouge».