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Nora Ephron, la journaliste

Nora Ephron... (Photo: archives AP)

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Nora Ephron

Photo: archives AP

Jeudi prochain, le Théâtre du Rideau Vert présentera la première de L'amour, la mort et le prêt-à-porter, une pièce écrite par Nora Ephron et sa soeur Delia basée sur le livre Love, Loss and What I Wore d'Ilene Beckerman.

Nora Ephron est peu connue au Québec, mais certains des films qu'elle a scénarisés - When Harry Met Sally, Julie et Julia ou encore You've Got Mail, qu'elle a également réalisé - ont été très populaires. Si elle a connu le succès au cinéma, c'est comme journaliste qu'elle a fait ses premiers pas en écriture

Après avoir obtenu son diplôme du collège Wellseley, une institution pour jeunes filles de bonne famille sur la côte Est, Nora - qui rêvait d'écrire - est allée frapper à la porte du magazine Newsweek. On lui a toutefois rapidement fait comprendre que l'écriture n'était pas une option pour les filles. C'était au début des années 60.

«C'était acquis dans ces années-là que si vous étiez une femme et que vous vouliez réaliser certaines choses, vous alliez devoir être l'exception à la règle», écrit-elle dans son recueil de souvenirs, I Remember Nothing.

«Il n'y avait pas de garçons commis au courrier à Newsweek, que des filles, poursuit-elle. Si vous étiez diplômée d'un collège (comme moi), que vous aviez travaillé au journal étudiant (comme moi) et que vous étiez une fille (comme moi), on vous embauchait comme commis au courrier. Si vous étiez un garçon (contrairement à moi), et que vous aviez exactement les mêmes qualifications, on vous embauchait comme reporter et on vous envoyait dans un bureau quelque part en Amérique. C'était injuste, mais nous étions en 1962 et c'est ainsi que les choses étaient.»

Mais Nora Ephron n'a pas lâché le morceau. De son propre aveu, elle avait toujours été fascinée par l'univers journalistique. Après Newsweek, elle a décroché un emploi au New York Post, où elle travaillera comme reporter durant cinq ans.

C'était à une époque où les journalistes étaient des personnages plus grands que nature, des «mauvais garçons» qui brûlaient la chandelle par les deux bouts et qui se consacraient corps et âme à leur métier.

La pièce Lucky Guy, présentement à l'affiche sur Broadway et mettant en vedette Tom Hanks, raconte d'ailleurs la vie d'un de ces «mauvais garçons», Mike McAlary, columnist aujourd'hui décédé, lauréat d'un prix Pulitzer pour sa série d'articles sur l'affaire Abner Louima, un homme torturé par des policiers de Brooklyn.

«Durant plusieurs années, j'ai été en amour avec le journalisme, écrit Nora Ephron dans un texte intitulé Why I Love Journalism. J'aimais la meute, j'aimais fumer et boire du scotch et jouer au poker. Je ne savais pas grand-chose sur rien, mais j'étais dans une profession où ce n'était pas important. J'aimais les heures de tombée. J'aimais la vitesse. J'aimais que le journal de la veille enveloppe le poisson.»

Il faut lire les textes que Nora Ephron a écrits à la fin des années 60 et au début des années 70, alors qu'elle écrivait dans les magazines Esquire et Cosmopolitan. Des portraits de personnages qui ont marqué la société américaine de l'époque - la patronne du magazine Cosmopolitan Helen Gurley Brown, le cinéaste Mike Nichols, etc. Les textes d'Ephron sont intelligents, incisifs, décoiffants, et surtout, absolument pas complaisants, contrairement aux portraits qu'on peut lire dans les magazines aujourd'hui.

Son texte sur les coulisses du Women's Wear Daily, la bible de l'industrie de la mode, lui a d'ailleurs valu une menace de poursuite judiciaire.

Son départ du journalisme coïncide avec la fin de son mariage avec son second mari, Carl Bernstein, lui-même grande figure du journalisme américain grâce au scandale du Watergate qu'il a mis au jour avec Bob Woodward. Insatisfait du scénario du film qu'on allait tourner sur toute l'histoire, Bernstein avait demandé à son épouse de le réécrire. La version de Nora Ephron n'a pas été choisie par les producteurs, mais cette première expérience de scénarisation lui a donné la piqûre du cinéma. Une perte pour le monde journalistique...

#ONNOTE

Événement remarqué, l'arrivée de Warren Buffet (@WarrenBuffet) dans la twittosphère, salué par l'ancien président des États-Unis Bill Clinton, lui-même fraîchement débarqué, mais qui l'a tout de même accueilli ainsi: «What took you so long?». En moins de 24 heures, il avait plus de 280 000 abonnés.




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