Furieux mélange de punk, de hip-hop, de reggae, de dub, de ghetto tech, de musiques moyen-orientales, balkaniques et plus encore, cette formation transculturelle aspire tout sur son passage! La prochaine escale de Balkan Beat Box est prévue à l'occasion d'une soirée World 2.0, ce soir au National, dans le cadre de la série Nuits d'Afrique Sound System. Qu'y aspirera-t-on cette fois?

Alain Brunet LA PRESSE

Le saxophoniste Ori Kaplan répond à l'appel en Autriche, où il vit avec sa famille. Ses collègues de Balkan Beat Box, cependant, sont basés à New York, où tout a commencé et où se déroulent en grande partie les activités de création du trio augmenté de trois autres musiciens sur scène.

Adolescent, Ori est parti d'Israël pour aller étudier à New York, après quoi il a joué entre autres de la clarinette klezmer et du jazz d'avant-garde avant de passer au rock avec le groupe Firewater. Dans ce parcours effréné, il a fait la rencontre de Tamir Muskat, compatriote israélien aussi transplanté dans la Grosse Pomme.

«Tamir réalisait alors des enregistrements dans son studio de Williamsburg, bien avant que ce quartier de Brooklyn ne devienne une attraction touristique. C'était une époque fantastique à New York; nous avions le sentiment d'y vivre quotidiennement la célébration d'un melting-pot exceptionnel. Les fêtes s'y multipliaient: sud-américaines, turques, balkaniques, iraniennes, etc. Nous avons eu l'idée d'en constituer une sorte de bande originale.

«Nous avons d'abord invité des artistes pour une soirée de musique telle que nous l'imaginions: DJ, chanteur perse, Eugene Hütz de Gogol Bordello... Ce fut une soirée extraordinaire, à tel point que Tamir et moi avons continué à développer ce son et à y intégrer des influences moyen-orientales, méditerranéennes, tous ces sons que nous avions en tête.

«Ainsi, le premier album de Balkan Beat Box fut un mélange avec invités spéciaux. Le chanteur Tomer Yosef fut l'un d'entre eux et il a poursuivi avec nous. À nos mélanges initiaux, il a ajouté des saveurs reggae dub, dancehall, punk... Le son de Balkan Beat Box s'est construit dans ce bouillon de belle folie, nous l'avons ensuite diffusé dans le monde entier.»

Éviter la redite

Ori Kaplan estime que Give, quatrième album studio de Balkan Beat Box, est une synthèse du chemin parcouru. «Notre son est moins éclaté, plus précis et nous essayons encore d'en repousser les limites. Nous voulons éviter de nous répéter. Côté textes, on y trouve plusieurs niveaux: chansons d'amour, d'autres plus engagées, notamment sur le thème de l'avidité. Nous avons aussi exprimé à travers la musique ce que nous avons ressenti lors du printemps arabe.»

Après toutes ces années de transculture, la partie «balkanique» de BBB reste-t-elle pertinente? Ori Kaplan croit que oui: «L'esprit de la musique balkanique reste présent. À l'instar de ces traditions, la facture de BBB est aigre-douce, triste et heureuse à la fois. Bien sûr, on y observe plusieurs autres couleurs. Notre prochain album en témoignera; nous prévoyons le finaliser à l'hiver 2014.»

Quant à cette présence aux Nuits d'Afrique, tombe-t-elle sous le sens?

Notre interviewé est encore plus affirmatif: «Sans aucun doute. Nous avons une connexion très forte avec l'Afrique et sa diaspora - dub, reggae, ghetto tech, etc.»

Les organisateurs de cette soirée World 2.0 peuvent dormir tranquilles!

Dans le cadre d'une soirée World 2.0 de la série Nuits d'Afrique Sound System, Balkan Beat Box se produit ce soir au National, 20h30, précédé de DJ Touski et Boogat.