La direction de Montréal complètement cirque a dressé un bilan «extrêmement positif» de son premier festival des arts du cirque, qui s'est terminé le week-end dernier après plus de deux semaines de représentations en salle et quelques manifestations extérieures remarquées.

Jean Siag LA PRESSE

Le président fondateur de la TOHU, Gaétan Morency - à l'origine du projet - a qualifié le festival de «chaînon manquant», estimant qu'avec ses multiples lieux de diffusion, son École nationale et ses compagnies-phares (Cirque du Soleil, Éloize et les 7 doigt de la main en tête), Montréal était devenue une véritable capitale des arts du cirque.

La programmation diversifiée de Complètement cirque a donc attiré environ 50 000 festivaliers, selon les premières estimations de la direction, qui s'est réjouie de ce premier bilan «très encourageant». Les salles étaient pleines en moyenne aux deux tiers.

Des 15 spectacles présentés par les compagnies d'ici et d'ailleurs, iD, du Cirque Éloize, a sans conteste été la locomotive de Complètement cirque selon les organisateurs. Créé par Jeannot Painchaud, iD est d'ailleurs toujours présenté sous son chapiteau du Vieux-Port, en supplémentaires jusqu'au 1er août. Les autres spectacles, très variés, ont tous attiré beaucoup de curieux, qui n'étaient pas nécessairement des habitués de cirque. Une bonne nouvelle pour les organisateurs qui cherchent à fidéliser un public déjà sollicité.

Complètement cirque, qui a le soutien financier du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal pour les deux prochaines années, songe déjà à la prochaine présentation, qui aura lieu durant la même période, soit du 7 au 24 juillet, en haute saison des festivals - Juste pour rire, Nuits d'Afrique, Festival d'été de Québec, etc.

«Notre but est de profiter de cet achalandage et de cette concentration de festivals pour faire de Montréal une destination incontournable pour les Montréalais et pour les touristes qui sont de passage. Nous croyons que le potentiel est énorme considérant la clientèle importante qui fréquente les spectacles de cirque»,  dit Gaétan Morency.

Nadine Marchand, qui a dirigé ce premier festival, s'est également réjouie du volet extérieur cristallisé autour des Minutes complètement cirque, qui avaient pour but d'attirer les passant du Quartier latin vers des lieux insolites de la ville pour des petits numéros de cirque gratuits; ici un jongleur sur un balcon, là un équilibriste sur le toit d'un immeuble, etc. Ce volet sera assurément au programme l'an prochain.

Pour cette deuxième mouture, le directeur général de la TOHU, Stéphane Lavoie, veut maintenir une programmation éclectique, dans les mêmes trois lieux de diffusion, soit la TOHU, le Quartier des spectacles et le Vieux-Port, mais aussi un peu partout dans l'île. «Notre objectif est de présenter toute la diversité des arts du cirque et de multiplier les lieux de présentation "hors TOHU", pour que les Montréalais, d'un peu partout, découvrent les arts du cirque», dit-il.

Nadine Marchand a précisé que le festival «était bien né et appelé à grandir» et que le but de la direction était d'en faire aussi un lieu de rencontres entre professionnels, qu'il s'agisse de programmateurs et de diffuseurs, pour faire naître des coproductions, des partenariats et des tournées, qui profiterons notamment aux artisans québécois.

Stéphane Lavoie a souligné l'apport du milieu québécois du cirque qui s'est concerté pour créer ce festival réclamé à cor et à cri depuis de nombreuses années. La TOHU, le Cirque du Soleil, Éloize, la 7 doigts de la main, l'École nationale du cirque, En piste, responsables du succès largement mérité de ce festival, auront la lourde de tâche de nous étonner de nouveau l'an prochain.