C'était le gala du «local boy», le p'tit gars de NDG qui s'est fait un nom en or à Hollywood. Et hier soir, Jay Baruchel s'en est fort bien tiré, avec son gala Just for Laughs présenté à la Place des Arts. Sa performance n'a eu d'égale que celle, en fin de spectacle, de l'humoriste et imitateur américain Elon Gold.

Éric Clément LA PRESSE

La soirée a débuté avec l'animateur de foule rondouillard qui déchaîne la foule sur Gimme Some Lovin'. Puis, la star de Trotsky et de Million Dollar Baby a été accueillie par un public debout dans un vacarme qui valait tous les accueils des galas Juste pour rire de cette année réunis! Quel amour pour Jay!

Vêtu du chandail du no 76 du Canadien et portant le fleurdelisé autour du cou, l'artiste de 31 ans a déclaré d'entrée de jeu que son rêve se réalisait et qu'il était tellement heureux de pouvoir animer ce gala dans sa ville.

Après avoir changé de costume grâce à l'arrivée de Youppi, il a comparé la vie de Los Angeles à celle de Montréal, expliquant que «le trafic est différent à L.A. où l'on peut conduire partout alors qu'ici, nulle part!»

Il a ensuite parlé de marijuana, avouant même fumer de l'herbe (!), avant de perdre un peu son texte à cause d'un télé-prompteur qui ne marchait pas.

Le Canadien Graham Chittenden, animateur à MTV, a été le premier invité. Assez bon, il a parlé du vieillissement et a fait rire le public en disant qu'au casino, «ce qu'on trouve le plus souvent aux objets perdus, ce sont des cannes. Les vieux ont tellement d'fun au casino qu'ils en oublient qu'ils ne peuvent plus marcher!»

Puis, séance émotion quand le retraité du CH Chris Nilan est venu offrir un chandail de capitaine honoraire des Canadiens de Montréal à Jay, très ému.

Puis, le New-Yorkais Hannibal Buress a raconté des anecdotes de sa vie mais pas grande chose de nouveau par rapport à ce qu'on peut voir sur Youtube.

Bonne vidéo ensuite d'une journée de Jay Baruchel avec la mascotte de Juste pour rire, Victor, durant laquelle la bête lui a fait les pires tours.

Très bonne performance ensuite de Moshe Kasher. L'humoriste de 34 ans est en amour et a expliqué qu'il devait donc renoncer à pas mal de choses. Puis, Bo Burnham, 22 ans, déjà venu à JFL en 2008, a présenté un numéro de poésie dont on peut voir une variation sur internet. Cela manquait donc un peu d'inédit mais il s'est rattrapé au piano avec deux chansons dont une de deux secondes!

Le Montréalais David Pryde a été plus intéressant avec ses histoires de religion, notamment une supposée résurrection de Jésus commentée à la télé, et un exemple de sa technique d'éducation, quand il montre La liste de Schindler à son fils de cinq ans qui vient de lui dire qu'il a vécu aujourd'hui «la pire journée de sa vie»!

Amy Schumer a représenté un des bons moments du gala avec ses blagues coquines et son explication du porno du point de vue féminin. Mais c'est Elon Gold qui a fait la plus belle performance en parlant des juifs et des gais. «Le judaïsme est la seule religion qui ne recrute personne car on sait que personne ne voudrait devenir juif», a-t-il lancé, avant de dire que son frère, le chanteur de R&B, Ari Gold, est à la fois gai et juif: ««Gay Jew», ça sonne comme un oiseau exotique!»

Il a fait rire la salle en se plaignant de ne pas avoir de bouteille d'eau sur son tabouret: «Ça s'appelle «Jews pour rire» et on ne peut même pas avoir une bouteille d'eau!» Il a terminé sa performance en imitant superbement Barack Obama, Jeff Goldblum, Arnold Schwarzenegger, Ray Romano et Charlie Sheen tout en lisant des extraits d'un livre pour enfants.

Et sur ce, Jay Baruchel est revenu saluer, très simplement, disant «merci beaucoup» en français et lançant un dernier Go Habs Go! Pas une soirée inoubliable mais une bonne cuvée de monologues à l'américaine.