On sait leur formule accrocheuse et efficace. Pour paraphraser les Américains, «les spectateurs des 300 villes qui ont succombé aux charmes des mecs à claquettes de Tap Dogs ne peuvent pas se tromper.»

Sylvie St-Jacques LA PRESSE

Ils débarquent sur les planches du Théâtre Maisonneuve avec une énergie torride, leurs habits d'ouvriers cool et de grosses bottes de travailleurs qui font «clac clac». Séducteurs, racoleurs, enjoués... Les six danseurs canins qui se déchaînent devant nos yeux se jettent dans l'arène avec une fougue irrésistible.

Mais vraiment, sauront-ils soutenir notre attention, avec comme armes leurs seuls stepettes agiles et, accessoirement, leurs sourires craquants et leurs physiques avantageux? «Il me semble qu'on va finir par se lasser, au bout de 15 minutes», songe l'amie qui m'accompagne, aussi amusée (et captivée) que moi par tant de virilité débonnaire...

Eh bien non, on ne se tanne pas de mettre son cerveau à «off» et d'apprécier le spectacle d'une fratrie de beaux gosses qui font des percussions avec leurs bottes à clous.

On est bien sûr épatés par l'agilité de ces danseurs, leur endurance, la précision dans leur art qui, comme si de rien n'était, donne un nouveau soufflé à la danse à claquettes. Et, le sourire aux lèvres, on traverse un moment de légèreté pure, grâce à une mise en scène dynamique et une scénographie simple quoique efficace, qui chassent toutes possibilités de temps morts et de redondances. Quelques métamorphoses d'un échafaudage, des petits jeux de pieds avec des plaques de métal «musicales», des flammèches dans le noir, quand nos danseurs-constructeurs se la jouent soudeurs... Il ne nous en faut pas plus pour se croire sur un chantier en folie!

Mais si les Tap Dogs arrivent à nous garder captifs pendant ces 90 minutes de déluge de testostérone, c'est surtout grâce à leur agilité dans le mouvement, leur aisance qui se fait même passer pour de la nonchalance. Ce qui en dit long sur les incalculables heures qu'ont consacré les artisans de ce spectacle pour atteindre une maîtrise totale de la scène et nous laisser croire que ces «vrais gars» sont une bande de larrons qui, pendant leur pause syndicale, aiment bien exécuter quelques acrobaties sur des échafauds.

Du plaisir pur, qui ne demande qu'à être accueilli avec enthousiasme. Seul bémol (et il est minuscule): avec une harmonie musicale mieux définie, les Tap Dogs seraient encore mieux mis en valeur. Mais bon, ils sont heureux dans leur chaos organisé, avec leurs talons qui claquent et leur charme de bons toutous...

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Tap Dogs, jusqu'au 28 juillet au Théâtre Maisonneuve.