Philippe Boutin termine sa formation en jeu au collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse. Mais le jeune finissant n'a pas attendu la remise des diplômes pour se lancer dans l'arène. Aidé du dramaturge Étienne Lepage et du chorégraphe Dave St-Pierre, il s'apprête à créer Détruire nous allons, une pièce-performance réunissant 35 comédiens et danseurs sur un terrain de football. En ouverture du OFFTA.

Mis à jour le 24 mai 2013
Jean Siag LA PRESSE

Ce sont des propositions théâtrales qu'on aime recevoir. Comme aux grands jours du collectif Momentum, Philippe Boutin nous invite dans un non-lieu de théâtre. Des autobus scolaires attendront au Théâtre d'Aujourd'hui pour emmener environ 300 spectateurs sur un terrain de football situé à 30 km de Montréal. Une aventure de deux soirs organisée par le OFFTA.

Pourquoi un terrain de football?

«Je pratique beaucoup de sports, répond Philippe Boutin. J'ai deux gangs dans ma vie, mes amis de soccer et mes amis de théâtre. Je veux depuis longtemps que mes amis de sport s'intéressent au théâtre. En amenant le théâtre à l'extérieur des boîtes noires de Montréal, je crois qu'on fait un pas vers eux. Et je pense que c'est le rôle des artistes d'aller vers les gens.»

Un terrain de football, donc, que Philippe Boutin estime être un lieu de représentation idéal pour cette création faite à la demande de son ami Guillaume Laurin de la compagnie Couronne Nord. «Il n'y a pas de plus belle scénographie que ce terrain de jeu, dit-il. Avec ses lampes de sodium, le terrain de football la nuit devient tellement majestueux!»

Philippe Boutin ne se considère pas comme un dramaturge. Le jeune homme préfère le titre de poète, beaucoup plus par humilité que par prétention. «Je n'ai pas eu de formation en écriture dramatique, dit-il. Je n'ai pas de structure, je ne sais pas écrire de dialogues. J'ai plutôt construit une histoire avec des monologues et des poèmes qui reflètent mes états d'âme.»

Quelle est donc cette histoire portée par 35 comédiens et danseurs, menés par Marie-France Marcotte, Jean-François Casabonne et Emmanuel Schwartz?

«Je me suis inspiré des grands textes du répertoire, Richard III de Shakespeare, Caligula, d'Albert Camus, Cyrano de Bergerac, d'Edmond Rostand, pour raconter mon histoire. Une histoire d'amour, celle de deux âmes soeurs qui ne parviendront jamais à s'unir. On y retrouve des personnages de ces pièces, mais ils s'expriment dans mes mots à moi. Des mots qui peuvent rejoindre des gens de ma génération.»

Le seul personnage féminin de la distribution sera interprété par Marie-France Marcotte, qui incarnera Félicité, amoureuse de Claude, interprété par le jeune Christophe Payeur, lui aussi finissant à Lionel-Groulx. Autour d'eux, Emmanuel Schwartz interprètera le rôle du frère de Claude, Christian, qui cherchera à séduire Félicité. Jean-François Casabonne sera Richard III, le vilain, qui cherchera, lui aussi, à séduire Félicité.

Philippe Boutin a beau faire ses premiers pas dans le monde du théâtre, on peut dire qu'il sait bien s'entourer. «J'avais soumis mon projet au OFFTA et c'est Étienne Lepage qui m'a appelé pour me dire son intérêt pour la pièce.»

Quant à Dave St-Pierre, Philippe Boutin l'a rencontré l'an dernier au cours d'un stage offert au Collège. Quelques mois plus tard, le chorégraphe lui a offert de jouer dans sa pièce Foudre qui a été créée à Amsterdam l'été dernier. Comme acteur, mais aussi comme danseur. «Je ne suis pas danseur, mais je suis très sportif, explique-t-il. Ce qui peut être un atout dans les pièces de Dave...»

Le chorégraphe montréalais a accepté de créer les chorégraphies de Détruire nous allons. «Avec lui, j'ai découvert la puissance de l'expression corporelle, dit le Philippe Boutin. Je suis tombé amoureux de la danse. Au théâtre, parfois je tombe dans la lune, et c'est le côté physique du théâtre qui me garde éveillé. Je pense que le jeu corporel, ça parle beaucoup aux gens. C'est ce que j'ai essayé de faire avec cette pièce.»

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Les 24 et 25 mai.