(Madrid) Le musée madrilène du Prado enquête sur l’origine d’au moins 62 œuvres d’art de sa vaste collection afin de savoir si elles ont été saisies pendant la guerre civile espagnole (1936 à 1939) ou la dictature de Franco.

Publié le 22 septembre
Agence France-Presse

« Le musée du Prado a décidé d’ouvrir officiellement une enquête sur la possibilité que certaines des œuvres de sa collection puissent provenir de saisies pendant la guerre civile ou pendant la dictature franquiste », qui s’est terminée en 1975, a annoncé le musée jeudi dans un communiqué.

« L’objectif est de lever les doutes sur les origines et le contexte qui ont entraîné l’intégration (d’une œuvre) dans la collection du Prado, et le cas échéant — conformément à la loi — de permettre sa restitution à ses propriétaires légitimes », explique le musée.

Mardi, le Prado avait publié une liste initiale de 25 œuvres qui avaient été ajoutées à « la collection (du musée) par la Commission de défense du patrimoine artistique et ont probablement été saisies par le Comité de confiscation et de protection du patrimoine artistique pendant la guerre civile », un organisme créé par Francisco Franco pendant cette guerre civile.

En 48 heures, la liste s’est donc allongée, puisqu’elle contenait jeudi 62 œuvres.

Parmi celles-ci figurent des tableaux de François Boucher, de l’artiste flamand Jan Brueghel le Jeune ou encore de l’impressionniste espagnol Joaquín Sorolla, dont le musée a publié des photos.

Le Prado a déclaré avoir mis en place une équipe d’enquêteurs dirigée par Arturo Colorado, un expert du patrimoine culturel et de la guerre civile, pour déterminer la provenance des œuvres de la collection du célèbre musée. Il doit publier un rapport en janvier.

Parmi les 25 premières œuvres identifiées, 17 peintures ont été données au musée entre 1940 et 1942, tandis que six autres ont été initialement transférées au Museo de Arte Moderno de Madrid en 1942-43 et acquises plus tard par le Prado.