L’artiste et bédéiste underground québécois Henriette Valium, de son vrai nom Patrick Henley est décédé. Il avait 62 ans.

André Duchesne
André Duchesne La Presse

La nouvelle, qui circulait sur les médias sociaux ce matin, nous a été confirmée par le galeriste Robert Poulin qui avait tenu une exposition sur les œuvres d’Henriette Valium dans sa galerie en 2013.

« C’est une grande perte, dit M. Poulin joint vendredi en matinée. Henriette Valium avait encore 20 ans de création devant lui. C’était un artiste exceptionnel. »

Ayant étudié au cégep du Vieux Montréal, mais avant tout considéré comme autodidacte, Henriette Valium proposait des œuvres provocantes qui ne faisaient pas l’unanimité. Mais c’était le fruit d’un libre-penseur, estime M. Poulin.

« Valium a fait un travail qui frappait dans tous les sens, dit-il. Il attaquait tout ce qui bougeait. Certains pensaient qu’il pouvait être nazi, raciste ou homophobe, mais dans les faits c’était pour lui une façon ludique de montrer l’absurdité de ces pensées-là ! »

Ses pairs l’appelaient le « pape de la BD underground » ajoute M. Poulin qui fait aussi un rapprochement avec l’artiste américain Robert Crumb.

« Crumb a révolutionné la bd underground aux États-Unis. Il y avait une sorte d’affiliation entre Valium et Crumb, mais la différence est que l’univers de Valium était extrêmement complexe au niveau du dessin. C’était apocalyptique, extra-terrestre, dans des mondes inventés et déjantés ! », poursuit M. Poulin.

L’artiste a publié ses œuvres à compte d’auteur et dans diverses publications, anthologie et fanzines. Parmi ses œuvres les plus récentes, on retrouve les titres Le palais dé champions et Le mystère du lambda rose.

Valium avait aussi réalisé de son cru quelques dessins inspirés de l’univers de Tintin, mais en changeant les noms (Tintin est devenu Nitnit) pour éviter les poursuites.