Les Rencontres de la photographie en Gaspésie viennent de publier Empreintes… 10 ans de Rencontres, bel ouvrage qui souligne les 10 ans de l’évènement artistique. La Presse s’est entretenue avec le fondateur et directeur des Rencontres, Claude Goulet, et la commissaire, critique et historienne de l’art Mona Hakim, directrice de la publication du livre.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

Empreintes… 10 ans de Rencontres aurait dû être lancé en août dernier, mais, pandémie oblige, ce n’est que ce mois-ci, à l’aube des 12es Rencontres de la photographie en Gaspésie, que l’ouvrage est sorti en librairie.

« On voulait marquer le coup de cette aventure et laisser une trace, dit Claude Goulet, fondateur et directeur général des Rencontres. J’ai confié la direction de la publication à Mona Hakim, car je souhaitais m’associer à quelqu’un qui ait un certain recul par rapport à l’évènement. »

Un évènement que Claude Goulet continue de porter à bout de bras. Nulle part ailleurs au Québec un tel évènement photographique n’aura autant développé l’âme, le tourisme et la culture d’une région comme l’ont fait les Rencontres dans les cinq municipalités régionales de comté (MRC) de la Gaspésie depuis 2010. « Des évènements régionaux de cette envergure, il n’y en a pas beaucoup, dit Mona Hakim. Des rencontres de la photographie, il y en a ailleurs, comme à Arles, en France, mais ici, au Canada, un évènement photographique qui dure deux, trois mois en Gaspésie, c’est unique. »

PHOTO FOURNIE PAR CLAUDE GOULET

Claude Goulet, fondateur des Rencontres de la photographie en Gaspésie

L’ouvrage publié aux éditions Escuminac, maison fondée en 2016 par les Rencontres, est bien fait, aéré, intéressant et imprimé de belle façon… au Québec ! Il est constitué de photographies d’artistes qui ont participé aux Rencontres, de trois textes de fond et de témoignages d’artistes participants.

On voulait connaître l’opinion d’une vingtaine de photographes participants, dont des Européens. Savoir ce qu’ils et elles avaient retenu des Rencontres pendant leur séjour.

Mona Hakim

Les témoignages sont élogieux envers l’organisation des Rencontres, la diversité, la beauté et l’immensité de la péninsule, mais aussi envers les Gaspésiens et les Gaspésiennes, leur hospitalité et leur bienveillance. « Ces commentaires reviennent souvent et c’est normal, dit Mona Hakim. Les artistes de l’extérieur ne sont pas habitués à fréquenter un évènement de ce type. Pour eux, ce sont des découvertes sur tous les plans. Le paysage gaspésien les fascine, les conversations et l’accueil les touchent, tout comme la qualité de l’évènement et les contacts humains. »

Quelques photographies du livre

  • Foules, Mélissa Pilon, édition 2019 des Rencontres, Forillon

    PHOTO MÉLISSA PILON, FOURNIE PAR LES RENCONTRES DE LA PHOTOGRAPHIE EN GASPÉSIE

    Foules, Mélissa Pilon, édition 2019 des Rencontres, Forillon

  • L’état des lieux, Charles-Frédérick Ouellet, édition 2015, Chandler

    PHOTO CHARLES-FRÉDÉRICK OUELLET, FOURNIE PAR LES RENCONTRES DE LA PHOTOGRAPHIE EN GASPÉSIE

    L’état des lieux, Charles-Frédérick Ouellet, édition 2015, Chandler

  • Portraits marsois, Gabor Szilasi, en résidence en 2010, première édition des Rencontres

    PHOTO GABOR SZILASI, FOURNIE PAR LES RENCONTRES DE LA PHOTOGRAPHIE EN GASPÉSIE

    Portraits marsois, Gabor Szilasi, en résidence en 2010, première édition des Rencontres

  • Photographie de Jacynthe Carrier, issue de son projet Amarrer, réalisé lors d’une résidence en 2019

    PHOTO ROBERT DUBÉ, FOURNIE PAR LES RENCONTRES DE LA PHOTOGRAPHIE EN GASPÉSIE

    Photographie de Jacynthe Carrier, issue de son projet Amarrer, réalisé lors d’une résidence en 2019

  • Photographie du corpus Ses mains les vents d’Anne-Marie Proulx, résidence en 2019

    PHOTO ANNE-MARIE PROULX, FOURNIE PAR LES RENCONTRES DE LA PHOTOGRAPHIE EN GASPÉSIE

    Photographie du corpus Ses mains les vents d’Anne-Marie Proulx, résidence en 2019

  • Vies possibles et imaginaires, Yasmine Eid-Sabbagh et Rozenn Quéré, édition 2014 des Rencontres, Paspébiac

    PHOTO FOURNIE PAR LES RENCONTRES DE LA PHOTOGRAPHIE EN GASPÉSIE

    Vies possibles et imaginaires, Yasmine Eid-Sabbagh et Rozenn Quéré, édition 2014 des Rencontres, Paspébiac

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  Quelque 250 photographes sont venus aux Rencontres depuis 2010, en résidence, pour exposer ou présenter des projets spéciaux. Le livre donne des exemples d’installations créées avec des photographies et que les Rencontres ont le plus souvent insérées dans le paysage gaspésien avec une harmonie à couper le souffle.

En ce qui a trait aux textes de fond, Mona Hakim a demandé à l’artiste et auteur Alexis Desgagnés d’évoquer les Missions photographiques, volet récurrent des Rencontres mis sur pied en 2015 par Claude Goulet et Alexis Desgagnés. Ces Missions ont pour but de faire découvrir des paysages québécois, et, en 2017, comme l’illustre le livre, Sara A. Tremblay et Jean-François Hamelin avaient exploré le territoire gaspésien avec leur exposition Acharné, acharné paysage présentée à Carleton-sur-Mer.

L’importance du livre photographique

Empreintes… aborde aussi le thème du livre photographique. « Un volet extrêmement important des Rencontres, dit Mona Hakim. L’historien et critique d’art Serge Allaire est le commissaire de ce thème-là du livre. Il a fait un survol de l’histoire du livre photographique, sur le plan international et québécois. »

PHOTO FOURNIE PAR MONA HAKIM

L’historienne de l’art Mona Hakim

Il s’agit d’un bon exercice. Serge Allaire y explique que les Rencontres sont le premier évènement de photographie au Canada qui se soit intéressé au livre photographique. Lors de chaque édition, 40 volumes d’artistes internationaux sont exposés. L’an dernier, c’était au centre Vu, à Québec. L’automne prochain, ce sera à la maison de la culture Janine-Sutto.

Après chaque présentation, les volumes, souvent inédits au Canada, sont offerts à la bibliothèque de Carleton-sur-Mer. Cette initiative sur le livre photographique a entraîné de belles collaborations avec des éditeurs et des organismes européens. « La dernière fois, c’était avec les éditions Loco, en France, dit Claude Goulet. On a aussi créé une plateforme avec l’organisme nantais Pratiques et Usages de l’Image qui va présenter à la fin de mai 50 ouvrages, dont 25 sur des artistes québécois. »

Le dernier texte d’Empreintes… est signé André-Louis Paré, rédacteur en chef de la revue ESPACE art actuel. « Il fait une sorte de synthèse des 10 ans des Rencontres », dit Mona Hakim. Une synthèse qui évoque le territoire gaspésien devenu, depuis la naissance des Rencontres, espace d’expositions, de partages et de rencontres qui modifient notre compréhension du paysage et de la nature et ouvrent la voie d’un regard différent à travers nos lentilles.

IMAGE FOURNIE PAR ESCUMINAC

Empreintes… 10 ans de Rencontres

Empreintes… 10 ans de Rencontres
Rencontres de la photographie en Gaspésie
Éditions Escuminac
148 pages
★★★½