La Ville de Montréal, le Conseil des arts de Montréal et l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC) ont remis jeudi les prix d’excellence en arts visuels Pierre-Ayot et Louis-Comtois aux artistes Caroline Monnet et Chih-Chien Wang.

Éric Clément Éric Clément
La Presse

« C’est un honneur de remporter ce prix, a dit Caroline Monnet. Ça veut dire que mon travail est reconnu sur la scène artistique montréalaise. Quand on ne vient pas de Montréal, être reconnue par ses pairs, ça encourage de travailler encore plus fort. Et ça fait du bien ! Surtout en ce moment. »

Le prix Pierre-Ayot, accompagné d’une bourse de 5000 $, vise à promouvoir l’excellence d’un ou une jeune artiste travaillant à Montréal. Les autres finalistes étaient arkadi lavoie lachapelle et Manuel Mathieu.

D’origine bretonne et algonquine, Caroline Monnet a connu une ascension fulgurante ces dernières années. Spécialisée dans la sculpture, l’installation et la vidéo, elle est aussi cinéaste. Son premier long métrage, qui doit sortir en 2021, en est au stade de la postproduction.

Elle a exposé dans des musées prestigieux tels que le Musée des beaux-arts du Canada et le Whitney, à New York. Elle a participé à des festivals réputés comme Sundance, dans l’Utah, Aesthetica, au Royaume-Uni, le Palm Springs International Film ou le Festival de Cannes, où elle a remporté un prix en 2017.

Quelques œuvres de Caroline Monnet

  • Une des œuvres de l’exposition Dans l’ombre de l’évidence, présentée par Caroline Monnet à la galerie AXENÉO7, à Gatineau, en 2016.

    PHOTO JUSTIN WONNACOTT, FOURNIE PAR L’ARTISTE

    Une des œuvres de l’exposition Dans l’ombre de l’évidence, présentée par Caroline Monnet à la galerie AXENÉO7, à Gatineau, en 2016.

  • Foamular, 2018, Caroline Monnet, gravure sur styromousse, 40 1/2 po. x 40 1/2 po.

    PHOTO HUGO-S É BASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

    Foamular, 2018, Caroline Monnet, gravure sur styromousse, 40 1/2 po. x 40 1/2 po.

  • Maniwaki, 2018, Caroline Monnet, Tyvek et masonite, 48 po. x 48 po.

    PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

    Maniwaki, 2018, Caroline Monnet, Tyvek et masonite, 48 po. x 48 po.

  • Vue de l’exposition In the Name of Progess, de Caroline Monnet, à la galerie Division en octobre 2018.

    PHOTO HUGO-S É BASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

    Vue de l’exposition In the Name of Progess, de Caroline Monnet, à la galerie Division en octobre 2018.

  • Caroline (série Fragment), 2019, Caroline Monnet, impression numérique sur papier, 24 po. x 24 po.

    PHOTO CAROLINE MONNET, FOURNIE PAR LA GALERIE BLOUIN DIVISION

    Caroline (série Fragment), 2019, Caroline Monnet, impression numérique sur papier, 24 po. x 24 po.

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Caroline Monnet a été remarquée par Anne-Marie et Pierre Trahan en 2014 quand elle a fait partie des six artistes émergents du projet Les contemporains tenu à l’Arsenal. À partir de ce moment, les deux collectionneurs l’ont soutenue. « On voyait bien qu’elle était surdouée, a confié Pierre Trahan. Elle a un talent incroyable, une minutie exemplaire et un message important sur le traitement des autochtones au pays. C’est un des gros noms de la galerie Division. »

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

L’artiste visuelle et cinéaste Caroline Monnet

En 2021, Caroline Monnet aura un solo au Eli and Edythe Broad Art Museum, au Michigan, un solo et une expo collective au Schirn Kunsthalle de Francfort, en février, un solo au Musée des beaux-arts de Montréal en avril, sans compter une exposition à l’Arsenal Toronto au début de l’année. Comme pour Chih-Chien Wang, le prix Pierre-Ayot lui permettra de recevoir 2500 $ supplémentaires pour un autre solo à Montréal. Et la Ville fera l’acquisition d’une de ses œuvres.

Caroline Monnet a rendu hommage aux deux collectionneurs qui ont appuyé son parcours. « Je dois remercier toutes les personnes qui m’ont encouragée de loin ou de près depuis le début de ma pratique et particulièrement Pierre et Anne-Marie Trahan. Depuis que j’ai déménagé à Montréal, il y a sept ans, Pierre m’a pris sous son aile, m’a offert un atelier. Il a cru en moi et continue de m’encourager. Je lui dois tout en fait ! Avoir les moyens de créer et d’explorer, c’est tellement important. »

Chih-Chien Wang

PHOTO CHIH-CHIEN WANG, FOURNIE PAR L’ARTISTE

L’artiste visuel montréalais Chih-Chien Wang

Accompagné d’une bourse de 7500 $, le prix Louis-Comtois récompense un artiste contemporain ayant plus de 15 ans de pratique. Cette année, les finalistes étaient Abbas Akhavan, Marie-Claire Blais et Chih-Chien Wang. Ce dernier, un photographe d’origine taïwanaise résidant à Montréal depuis 18 ans, a été choisi.

« Il fallait un gagnant, mais c’est quand même la reconnaissance de trois grands talents », a dit Pierre-François Ouellette, le galeriste qui représente Chih-Chien Wang. Celui-ci a dit à La Presse être très heureux et surpris de recevoir ce prix. « J’étais déjà fier de faire partie des trois finalistes, dit-il. Je me sens privilégié d’être en compagnie de Marie-Claire et Abbas, car ce sont de très bons artistes. Les trois méritaient le prix, car on a chacun notre propre voie artistique. »

« Chih-Chien a une esthétique du quotidien qui me touche énormément, dit son galeriste. Il parvient à émouvoir le visiteur par son regard des petites choses de la vie qu’il magnifie dans ses photographies. »

Quelques œuvres de Chih-Chien Wang

  • What We Found Only Exists in Another World-Iceberg, 2018, Chih-Chien Wang, impression au jet d’encre, 152,4 cm x 101,6 cm.

    PHOTO CHIH-CHIEN WANG, FOURNIE PAR LA GALERIE PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN

    What We Found Only Exists in Another World-Iceberg, 2018, Chih-Chien Wang, impression au jet d’encre, 152,4 cm x 101,6 cm.

  • Photo de l’artiste Chih-Chien Wang : Dans les bras de Yushan, de la série Espaces clos, 2012.

    PHOTO CHIH-CHIEN WANG, FOURNIE PAR LA GALERIE PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN

    Photo de l’artiste Chih-Chien Wang : Dans les bras de Yushan, de la série Espaces clos, 2012.

  • Avec Deux éléments dans une boîte, nos 1 à 9, on retrouve l’attention que Chih-Chien Wang consacre à la singularité des choses. Expo MBAM en 2012-2013.

    PHOTO FOURNIE PAR LE MBAM

    Avec Deux éléments dans une boîte, nos 1 à 9, on retrouve l’attention que Chih-Chien Wang consacre à la singularité des choses. Expo MBAM en 2012-2013.

  • Feet with dry leaves, de la série The Centre of the Forest is a Lake Like Mirror, 2005, Chih-Chien Wang, impression numérique au jet d’encre, 101,5 cm x 101,5 cm.

    PHOTO CHIH-CHIEN WANG, FOURNIE PAR LA GALERIE PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN

    Feet with dry leaves, de la série The Centre of the Forest is a Lake Like Mirror, 2005, Chih-Chien Wang, impression numérique au jet d’encre, 101,5 cm x 101,5 cm.

  • Présentées simultanément au MBAM en 2012-2013, les deux vidéos Brèves rencontres no 1 et no 2 présentent des particularités de paysages montréalais et des portraits de promeneurs que Chih-Chien Wang décrit minutieusement.

    PHOTO FOURNIE PAR LA GALERIE PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN

    Présentées simultanément au MBAM en 2012-2013, les deux vidéos Brèves rencontres no 1 et no 2 présentent des particularités de paysages montréalais et des portraits de promeneurs que Chih-Chien Wang décrit minutieusement.

  • Une des 48 photographies de la série The Centre of the Forest is a Lake Like Mirror créée en 2004-2005 par Chih-Chien Wang.

    PHOTO CHIH-CHIEN WANG, FOURNIE PAR LA GALERIE PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN

    Une des 48 photographies de la série The Centre of the Forest is a Lake Like Mirror créée en 2004-2005 par Chih-Chien Wang.

  • Green Cloth # 4, 2007, Chih-Chien Wang, impression numérique jet d’encre, 101,6 cm x 127 cm.

    PHOTO CHIH-CHIEN WANG, FOURNIE PAR LA GALERIE PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN

    Green Cloth # 4, 2007, Chih-Chien Wang, impression numérique jet d’encre, 101,6 cm x 127 cm.

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Exploitant également l’art vidéographique, Chih-Chien Wang aime aborder les relations entre les gens. Il se rend fréquemment à Berlin pour s’immerger dans le bouillon de culture de cette ville.

Cet artiste travaille aussi à l’université Concordia depuis plus de 10 ans. D’abord comme artiste invité, puis comme enseignant, au sein d’une cohorte de professeurs qui éveillent les artistes en devenir au pouvoir artistique de la photographie. Une expérience académique qu’il dit très bénéfique pour lui-même.

Chih-Chien Wang a remercié Montréal de lui avoir donné tant d’opportunités depuis son arrivée au Canada. « Ça m’a permis de me sentir mieux à Montréal et d’être meilleur, dit-il. Même si j’aime aller à Berlin pour changer de perspective ! »

Le prix Louis-Comtois permettra à Chih-Chien Wang de bénéficier de 2500 $ supplémentaires pour organiser un solo à Montréal. La Ville fera aussi l’acquisition d’une de ses œuvres.

À noter qu’un prix de la diversité culturelle dans les arts visuels a aussi été remis aux artistes Khadija Baker et Chun Hua Catherine Dong.