L’ex-directrice générale et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal, Nathalie Bondil, poursuit le président du conseil d’administration du Musée, Michel de la Chenelière, ainsi que les 21 membres du conseil. Elle leur réclame une somme d’un million de dollars en dommages moraux, ainsi qu’un million de dollars en dommages-intérêts punitifs, a appris La Presse.

Jean Siag Jean Siag
La Presse

La demande introductive d’instance en dommages et intérêts a été déposée à la Cour supérieure vendredi matin.

Mme Bondil, qui a été congédiée par le conseil d’administration du Musée des beaux-arts le 14 juillet dernier, demande à ce que les 22 administrateurs soient condamnés à lui verser des dommages « pour atteintes illicites et intentionnelles portées à ses droits fondamentaux de sauvegarde de sa dignité, de son honneur et de sa réputation », peut-on lire dans le document légal.

Dans sa demande introductive, Nathalie Bondil affirme que les administrateurs « ont orchestré, mené et continuent de mener, intentionnellement, une campagne de salissage et de destruction de [sa] réputation dans le seul but de masquer la véritable raison qui les ont poussé à [la] congédier, soit le refus d’entériner publiquement le processus irrégulier qui a mené à l’embauche de la directrice de la conservation du MBAM [Mary-Dailey Desmarais]. »

Dans l’introduction de la poursuite, Mme Bondil estime que les administrateurs ont « véhiculé malicieusement » l’idée selon laquelle elle a « refusé de prendre acte du climat toxique de travail qui aurait régné au MBAM sous sa gouverne ».

Elle accuse les administrateurs d’avoir tenu des « propos calomnieux, mensongers et diffamatoires », « diffusés par voie de communiqués publics » à trois reprises, ainsi que par « voie de communiqué envoyé aux 100 000 membres du MBAM le 2 septembre ». Ces propos « relayés au Canada comme dans les plus grands organes de presse internationaux » ont « anéanti la réputation d’engagement et d’excellence que s’est bâtie Mme Bondil à travers des décennies d’efforts et de réalisations », affirme la poursuite.

Le Musée des beaux-arts de Montréal n’a pas encore réagi à la poursuite de Mme Bondil. Michel de la Chenelière, qui devait briguer un second mandat, a décidé de quitter de la présidence du C.A. vendredi. L’homme d’affaires et mécène Pierre Bourgie a été désigné pour lui succéder à partir du 29 septembre. M. de la Chenelière se présentera tout de même comme administrateur.