Entre le fleuve scintillant et les champs d’herbes folles de Portneuf, les bâtiments de pierre grise de Deschambault offrent un havre de paix aux mélomanes, aux amateurs d’arts visuels et aux férus d’histoire. Ici, on trouve des œuvres d’art même chez l’antiquaire.

Josianne Desloges
Collaboration spéciale, Le Soleil

Comme chaque année intercalaire de la Biennale du lin, le Moulin de La Chevrotière et le Vieux Presbytère accueillent tout l’été une exposition d’art actuel près de ses expositions permanentes qui expliquent l’histoire du village et des ouvriers qui l’ont construit. On présente depuis la fin du mois de juin Volonté de fer, le troisième volet d’une série autour des matériaux fondateurs (bois, pierre et métal) orchestrée par la commissaire Carole Baillargeon.

« Avec un titre comme Volonté de fer, on ne pouvait pas annuler l’exposition ! », relève Carole Baillargeon.

Même s’il n’y a pas eu de vernissage dans le Vieux Presbytère, on retrouve avec bonheur les vases anthropomorphes de Laurent Craste, qui se tordent de douleur sous les outils d’ouvrier. L’œuvre de Chantal Hébert, autour des frères ennemis, évoque les chicanes de clôture, alors qu’une vidéo d’art de Catherine Breton montre comment son conjoint Jacques Samson a façonné une sculpture de fil de fer, qui crée des ombres sur les murs. Le fer prend toutes sortes de formes et traverse l’exposition comme un fil, mais chaque proposition a sa singularité, comme dans une brassée de fleurs sauvages.

PHOTO DENIS BARIBAULT, FOURNIE PAR L'EXPOSITION

Détail de l’installation de Élyse De Lafontaine

Élyse De Lafontaine a ramassé des pièces de métal dans des cours d’eau, trop longtemps utilisés comme dépotoirs, pour en faire des impressions sur tissu. Ceux-ci ont servi à faire des pochettes, qui servent maintenant de linceuls aux objets trouvés.

Au moulin

Le deuxième volet de l’exposition, présenté au Moulin, est une bonne occasion d’en apprendre un peu plus sur la réfection du bâtiment, qui a permis de mettre sur pied l’un des premiers chantiers-écoles et de former des apprentis selon les savoir-faire artisanaux. La forge et la menuiserie y sont toujours en fonction.

À l’intérieur, on tombe d’abord sur les sculptures aux grandes pattes de Stéphane Langlois, qui semblent célébrer notre arrivée en dansant. Une installation de Karine Locatelli utilise des pièces de métal comme ancrages et donne forme à un paysage sur toile, dessiné à l’encre. Il évoque le lit de la rivière, qui coule tout près. À l’étage en dessous, la céramiste Joanne Gauthier a utilisé des oxydes de cobalt, de cuivre et de zinc pour patiner trois grandes assiettes, qui font écho au labeur des chercheurs d’or.

Les œuvres présentées sont logées dans le moulin comme les morceaux d’un mécanisme délicat, qui crée des liens entre l’architecture et le paysage environnant.

Élyse De Lafontaine a ramassé des pièces de métal dans des cours d’eau, trop longtemps utilisés comme dépotoirs, pour en faire des impressions sur tissu. Ceux-ci ont servi à faire des pochettes, qui servent maintenant de linceuls aux objets trouvés. Marie-Hélène Martin a tissé au métier Jacquard des motifs photographiés sur des portes de camion rouillées. Des restes de table et aliments flétris, moulés en métal précieux par Brigitte Clavette, offrent une réflexion sur l’abondance et le gaspillage. Matériau ou sujet, le fer se présente sous des aspects insoupçonnés.

L’école de Denys Arcand

PHOTO GABRIEL OUELLETTE, FOURNIE PAR L'ÉCOLE DE MUSIQUE DENYS-ARCAND.

L’école de musique Denys-Arcand, à Deschambault

Depuis 1994, l’école de musique Denys-Arcand est installée dans l’ancien couvent des sœurs de la Charité, au cœur de Deschambault. Niché à deux pas du Cap-Lauzon, un grand espace florissant qui surplombe le fleuve, le petit havre de pierres grises fait rêver.

L’annulation de tous les concerts du printemps a entraîné plusieurs mois de silence. L’école sert normalement de lieu de diffusion pour les musiciens de passage, lorsque la salle Élise Paré-Tousignant, qui compte 90 places, n’est pas occupée par les activités des élèves. « D’habitude, l’été, on ne donne presque pas de cours. On organise quelques concerts à l’église, on aime animer d’autres lieux. Comme les travaux de rénovation de la galerie sont terminés, ce serait le lieu idéal pour faire des prestations », observe le directeur, Gabriel F. Ouellette.

Commandos musicaux, happenings filmés, drum battle, mini-concerts au bord du fleuve... la musique devrait tranquillement se refaire une place cet été dans les lieux publics de Deschambault. « On ne peut [pas] s’empêcher d’avoir des idées pour dire qu’on existe encore, pour ramener les gens à la musique », note M. Ouellette. À suivre plus tard cet été.

Consultez le site de l’école de musique Denys-Arcand