Le Conseil des Arts du Canada (CAC) s’inquiète du climat actuel au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), dans la foulée du renvoi de Nathalie Bondil, le 13 juillet dernier.

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

L’actuelle crise au MBAM pourrait avoir des répercussions sur le financement de l’institution muséale. En réaction « à une situation d’instabilité organisationnelle », le CAC a envoyé une lettre au MBAM pour l’informer qu’il venait de recevoir une « cote de situation inquiétante ».

En entrevue à La Presse, le directeur de l’organisme fédéral, Simon Brault, confirme les inquiétudes du CAC face à la crise actuelle. À la lumière des récents événements, il estime que le Musée se trouve dans une crise de gouvernance, « pour le moment ».

En leur donnant cette cote, l’administration du CAC impose donc de nouvelles conditions à rencontrer au Musée, pour continuer de verser une subvention de base (environ 450 000 $). « Cette demande n’a rien d’exceptionnel, explique Simon Brault. Elle fait partie de nos politiques pour attribuer de l’aide au fonctionnement à des organismes en transition au niveau du leadership, ou qui font face à des enjeux qui compromettent leur stabilité, avec un risque que la santé organisationnelle se détériore. »

Nathalie Bondil aussi au CAC

Comme Nathalie Bondil est également membre du conseil d’administration du Conseil des arts du Canada, à son deuxième mandat à titre de vice-présidente, M. Brault précise que le C.A. ne sera pas du tout impliqué dans la décision concernant l’aide financière au MBAM. « C’est un processus indépendant du C.A. et au niveau strictement administratif. Si jamais la question devait être soulevée au sein de notre conseil, bien sûr, Mme Bondil se retirerait des discussions », dit-il.

Selon M. Brault, le CAC veut simplement s’assurer que le Musée répond aux conditions établies, les mêmes que pour toutes les compagnies culturelles au Canada qui demandent l’aide au fonctionnement.

En gros, le Musée devra répondre à trois questions précises autour de la crise actuelle : la transition à la direction ; le leadership à la gouvernance et les enjeux liés à la gestion des ressources humaines à l’intérieur du Musée.

Dans le New York Times

Par ailleurs, la saga estivale du MBAM fait couler beaucoup d’encre dans les médias à l’étranger. Après Le Monde en France, c’est au tour du New York Times de publier mercredi un long article qui dresse le fil des événements et les attaques publiques depuis le renvoi de l’ex-directrice et commissaire en chef du Musée de la rue Sherbrooke Ouest.

En entrevue au Times, Nathalie Bondil dit déplorer l’ampleur de ce « gâchis ». Elle l’attribue entre autres à un manque de communication lié à la pandémie et au télétravail : « Je pense qu’il y a quelque chose avec la COVID-19 qui a créé un environnement émotionnel et professionnel inhabituel », a-t-elle confié au quotidien new-yorkais. « Il y a quelque chose avec ces interactions virtuelles qui montrent la nécessité d’avoir une connexion directe. »