Vous ignorez probablement son existence, et pourtant, grâce à une gigantesque extension qui ouvrira au public le 4 octobre dans une grande banlieue chic de Washington, le musée privé Glenstone est devenu l'un des plus grands au monde.

Olivia HAMPTON LA PRESSE CANADIENNE

À l'heure où les institutions courtisent les foules adeptes d'Instagram et sont souvent pleines à craquer, Glenstone a pris soin d'imaginer une mise en scène prenant l'exact contre-pied.

Les chants des oiseaux et des criquets donnent le ton dès le chemin de gravier menant, à travers un paysage vallonné, du stationnement au nouveau bâtiment - qui a coûté près de 230 millions de dollars.

En surplomb, Split Rocker, l'immense sculpture couverte de centaines de fleurs du célèbre artiste Jeff Koons, regarde depuis le haut d'une colline vers les 11 nouveaux pavillons interconnectés de 19 000 mètres carrés, construits sur un ancien terrain de chasse à courre de 93 hectares.

Une étendue d'eau abritant des plantes aquatiques, entourée de murs en verre, constitue le centre de ce bâtiment en béton gris pâle, conçu par Thomas Phifer et baigné de lumière naturelle.

« Tout est calibré de façon extrêmement précise pour permettre de prolonger cette expérience », explique Emily Rales, 42 ans, qui a créé Glenstone avec son mari Mitchell, un industriel milliardaire de 62 ans.

Leur « quête personnelle » ? « Créer ces moments de calme, lors desquels vous pouvez réellement vous asseoir face à une oeuvre d'art sans se sentir bousculé ou pressé d'avancer », a-t-elle décrit dans une interview à l'AFP.

L'expérience créée par ce décor, qui est aussi le jardin de ses fondateurs - exonéré d'impôts - est différente chaque saison.

La collection d'oeuvres post Seconde Guerre mondiale de Glenstone est considérée comme l'une des meilleures au monde, avec des créations de Louise Bourgeois, Jackson Pollock, Mark Rothko, ou Richard Serra, dont deux sculptures en acier sont exposées.

Au contraire de la plupart des autres musées, on n'y trouve pas de textes didactiques sur les murs et certaines salles ne comportent qu'une seule oeuvre.

« Là pour vous »

La majestueuse peinture de Brice Marden, Moss Sutra with the Seasons (2010-2015) - son seul travail réalisé sur commande - trône par exemple dans une pièce qui a été pensée en collaboration avec l'artiste.

Elle est composée de quatre panneaux monochromes, inspirés des quatre saisons.

Sous une verrière, Moon Landing, trois grandes toiles noires d'On Kawara, sont exposées. Sur chacune d'elles est inscrite l'une des trois dates de la mission Apollo 11, en juillet 1969 quand l'homme a marché pour la première fois sur la Lune.