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Champs de mémoire: un jardin des horreurs

L'artiste Dominique Blain au coeur de son installation... (Photo André Pichette, La Presse)

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L'artiste Dominique Blain au coeur de son installation Champs de mémoire, créée dans le Vieux-Montréal.

Photo André Pichette, La Presse

À l'occasion du 100e anniversaire de la fin de la guerre de 1914-1918, la 10e édition de l'événement Métis-sur-Montréal présente, jusqu'au 18 novembre, l'installation Champs de mémoire, de Dominique Blain, en face de l'hôtel de ville de Montréal, sur la place De La Dauversière. Une oeuvre éphémère d'art public sur l'horreur de la guerre.

L'événement Métis-sur-Montréal est organisé chaque année, depuis neuf ans, par le Château Ramezay et les Jardins de Métis. Ces derniers ont créé une exposition intitulée Fleurs d'armes, qui sera présentée au Château Ramezay à partir du 24 octobre et jusqu'en mars 2019. L'expo évoque l'histoire d'un soldat montréalais, George Stephen Cantlie, qui envoyait dans son courrier à sa petite fille des fleurs qu'il cueillait sur le front, lors de la guerre de 1914-1918. S'inspirant de cette histoire, l'installation fleurie de Dominique Blain évoque un paysage marqué par la guerre.

L'artiste multidisciplinaire Dominique Blain s'est servie de témoignages actuels et de photographies de cratères d'obus de la Première Guerre mondiale, situés dans le nord de la France et en Belgique, pour concevoir son installation Champs de mémoire, qui est constituée de plusieurs de ces cratères dans lesquels ont été placées des fleurs sauvages.

L'aménagement de Champs de mémoire a été réalisé par le maître d'oeuvre concepteur-jardinier Pierre-André Fournier et son équipe. «Il a fait ça en trois jours, dit Dominique Blain. Je n'avais jamais vu une équipe de quatre personnes aussi efficace! C'était impressionnant.» Lors du vernissage, l'artiste a expliqué que les cratères d'obus de la Première Guerre mondiale sont aujourd'hui encore visibles dans le nord de la France, dans les anciennes zones de combat.

Schématisation de Champs de mémoire... (Photo de dessin de Dominique Blain fournie par l’artiste) - image 2.0

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Schématisation de Champs de mémoire

Photo de dessin de Dominique Blain fournie par l’artiste

Autour des cratères de son installation Champs de mémoire, Dominique Blain a reconstitué en quelque sorte le champ de bataille en utilisant quelque 35 tonnes de pierres et de morceaux de béton concassé dont certains proviennent des débris issus de la démolition de l'hôpital Saint-Luc et du chantier de l'échangeur Turcot.

L'intérieur de la «tranchée» (éclairée le soir) est tapissé d'une photo montrant les croix et les tombes du cimetière militaire de Verdun, en France. Dominique Blain a ajouté sur cette photo - prise avec un drone - un texte de l'écrivain français Paul Valéry sur la Der des Der, cette guerre de 1914-1918 qui devait être «la dernière des dernières»: «La guerre, c'est le massacre de gens qui ne se connaissent pas au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas.» La Première Guerre mondiale a fait 20 millions de morts (soldats et civils) et 29 millions de blessés provenant de 30 pays.

L'installation de Dominique Blain aurait dû être constituée de véritables tranchées creusées dans le sol, mais les caractéristiques des fondations de la place De La Dauversière ne l'ont pas permis. «Qu'à cela ne tienne, j'ai décidé de remonter la tranchée, dit Dominique Blain. C'est pour ça que j'ai eu l'idée de la faire en bois brûlé.»

Croquis préparatoire de Champs de mémoire avec les... (Photo de dessin de Dominique Blain fournie par l’artiste) - image 3.0

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Croquis préparatoire de Champs de mémoire avec les cratères vus de haut

Photo de dessin de Dominique Blain fournie par l’artiste

Lauréate du prix Paul-Émile-Borduas en 2014, Dominique Blain a mené un grand travail de recherche pour cette installation. «J'essaie toujours d'actualiser les thèmes que j'aborde, mais malheureusement, les guerres se poursuivent, dit-elle. J'ai déjà travaillé sur la Seconde Guerre mondiale avec un comité en Belgique pour une expo sur la reconstruction de l'Europe après 1945. L'historien Christophe Thomas m'avait dit que la différence entre la Première Guerre mondiale et la Seconde, c'était que lors de la Première, les soldats ennemis faisaient des trêves. Ils ne savaient pas pourquoi ils étaient là.»

Parallèlement à cette oeuvre, le Château Ramezay présente, jusqu'au 18 novembre, Montréal 14-18, une expo sur la métropole au temps de la Grande Guerre, et jusqu'au 3 septembre, Lumières sous la ville, sur l'archéologie montréalaise. Une expo inspirée de l'ouvrage Lumières sous la ville: Quand l'archéologie raconte Montréal, réalisé sous la direction des archéologues Anne-Marie Balac et François C. Bélanger. Quant à Dominique Blain, il est à noter qu'elle participera au Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul, du 27 juillet au 26 août.

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Château Ramezay, 280, rue Notre-Dame Est, Montréal.




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