Artiste peintre plus connue à l'étranger qu'au Québec, la Montréalaise Sandra Chevrier a participé récemment au festival Mural, avec une oeuvre très actuelle sur la détermination des femmes et l'humanité des superhéros.

Publié le 30 juin 2018
Éric Clément LA PRESSE

L'oeuvre que Sandra Chevrier a créée pour Mural découle d'une peinture faite il y a quelques années et qui s'intitulait La cage et le battement de coeur, provenant de sa série Les cages qui a fait sa réputation internationale. Une association de portraits féminins aux visages obstrués par des références aux superhéros de bandes dessinées. Elle a mis cinq jours à la créer au pinceau et à l'aide d'un projecteur lui fournissant des repères. « Mon travail est plus précis qu'auparavant, dit-elle. Avec beaucoup d'ombres et de lumière. »

« L'oeuvre représente l'image du héros victorieux avec une espèce de souffle de vie de la part du personnage féminin qui regarde vers le haut, dit Sandra Chevrier. Superman est dans les nuages. C'est une oeuvre très positive et moins sombre que certaines de mes peintures, vu qu'elle se trouve dans la rue. » Après avoir créé son esquisse initiale, Sandra Chevrier a dû modifier la chevelure du personnage pour tenir compte de l'ajout de deux caméras circulaires sur le mur. Des caméras qui font que sa murale est bien gardée !

Pour cette oeuvre, Sandra Chevrier a travaillé avec des assistants qui l'ont aidée pour les couleurs de la partie BD. Elle s'est concentrée sur les gris et les blancs du portrait de la femme, un personnage anonyme car l'artiste veut que son message soit universel. Le mur a été peint en noir pour accueillir son oeuvre. « Il fallait laisser 30 % du mur libre, à la demande du propriétaire, et le noir était plus intéressant que le blanc comme fond », dit-elle.

Sandra Chevrier utilise l'humanité et la fragilité des superhéros pour évoquer nos quêtes d'accomplissement personnel. Elle ajoute que des femmes ont vu dans ses oeuvres l'espoir qu'elles pourraient un jour ne plus avoir à se battre pour faire valoir leurs droits. « Mon travail est une dichotomie entre la liberté et l'emprisonnement, le remède et le poison ou le beau et le laid », dit-elle.

Photo Bernard Brault, La Presse

La peintre et muraliste Sandra Chevrier devant son oeuvre créée sur une façade de maison, à l'intersection du boulevard Saint-Laurent et de la rue Napoléon.

Photo Bernard Brault, La Presse

À gauche, l'oeuvre de Sandra Chevrier et, à droite, celle de Kevin Ledo. Deux artistes montréalais réputés sur la scène internationale.