Un portrait du dernier tsar de Russie, Nicolas II, resté caché pendant près d'un siècle sous celui du père de la Révolution, Lénine, et découvert par hasard sera bientôt exposé à Saint-Pétersbourg, ont annoncé vendredi les restaurateurs.

Publié le 18 nov. 2016
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le portrait d'apparat de l'empereur peint par Ilia Galkine en 1896 est resté caché pendant près de 90 ans sur l'envers d'un autre portrait: celui de Lénine, réalisé en 1924 par un autre peintre, Vladislav Izmaïlovitch», a expliqué à l'AFP Tatiana Potselouïeva, responsable du groupe de restaurateurs chargé depuis trois ans de reconstituer la toile.

Le grand portrait de 4 mètres sur 3 de Lénine, debout devant la forteresse Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg, reposait toutes ces années dans la salle d'apparat de l'école 206 de l'ancienne capitale impériale, qui abritait à l'époque tsariste un institut de commerce avant de devenir une simple école.

Restée à sa place près d'un siècle, la toile a été endommagée par erreur dans les années 1970 mais sa restauration n'a commencé qu'en 2013 par les experts de l'Académie nationale d'art et d'industrie Stiglietz de Saint-Pétersbourg, qui n'ont pas tardé à découvrir la double identité du tableau.

L'image du dernier tsar de Russie, assassiné avec sa famille par les bolchéviques en 1918, est apparue sous une couche de peinture soluble à l'eau. «Nous étions vraiment surpris!», se souvient Tatiana Potselouïeva.

Le peintre soviétique Vladislav Izmaïlovitch (1872-1959), auteur du portrait de Lénine, l'a visiblement peint comme s'il n'avait pas voulu détruire l'oeuvre de son prédécesseur et a camouflé à dessein le visage de l'ancien régime derrière celui du dirigeant bolchévique.

«En temps normal, on peint par-dessus l'ancienne toile, détruisant ainsi l'image précédente. Ici, le peintre l'a gardée en la faisant disparaître sous une couche de peinture soluble à l'eau avant de peindre sur l'envers» du tableau, explique la restauratrice.

«Il semble qu'il espérait qu'un jour, le portrait de Nicolas II soit découvert», s'enthousiasme-t-elle.

«En conservant le portrait du tsar, Vladisslav Izmaïlovitch risquait beaucoup à cette époque», rappelle pour sa part le recteur par intérim de l'Académie, Vassili Kitchedji.

La toile présentant les deux portraits sera exposée au public à la fin du mois de novembre au sein des murs de l'Académie Stiglietz.