En plein processus de paix avec la guérilla des Farc, le Centre historique de la mémoire de Bogota inaugure vendredi une exposition photographique intitulée Basta ya (Ça suffit) sur l'horreur et la souffrance des victimes du conflit armé qui secoue la Colombie depuis un demi-siècle.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'exposition, qui comporte deux photographies de l'Agence France Presse (AFP), réunit des clichés des principaux journaux colombiens, d'agences internationales et provenant également d'archives de particuliers.Le Centre de Bogota, qui réalise des travaux de recherches sur les conflits, affiche un objectif clair: montrer à la fois «l'horreur, les dégâts, la souffrance et la douleur» mais aussi «la dignité, la résistance et les initiatives de la mémoire».

L'exposition, qui rassemble près d'une centaine de photos au total, sera ouverte durant un mois à Bogota, jusqu'au 15 décembre, avant de partir pour une tournée à travers tout le pays à partir de janvier 2014.

Certains clichés sont accompagnés de vidéos, d'enregistrements ou d'objets liés au conflit interne, dont les protagonistes vont de l'armée aux guérillas communistes, en passant par des milices paramilitaires d'extrême droite et des bandes criminelles de narcotrafiquants.

La première photo de l'AFP montre ainsi Carlos Castaño, l'ex-chef des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), terrible organisation paramilitaire, au sommet de sa puissance en 2001. Cette milice, née dans les années 1980 pour combattre les guérillas et officiellement dissoute depuis 2006, est considérée comme responsable de nombreux massacres de civils.

La seconde photo est celle de l'enterrement en 2006 de neuf élus locaux tués lors d'une attaque des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), la plus ancienne guérilla d'Amérique latine, qui compte encore aujourd'hui près de 8000 combattants après 49 ans d'existence. Depuis un an, cette rébellion marxiste a ouvert des négociations de paix avec les autorités, qui se déroulent à Cuba, garant du processus.

Le Centre de la mémoire historique a rendu en juillet dernier un rapport effectuant un bilan sur le conflit armé. Selon ce rapport, la guerre interne a fait 220 000 morts, dont plus de 80% de civils, plus de 25 000 disparus et 4,7 millions de personnes déplacées. Selon d'autres estimations, la violence au sens large, en incluant la délinquance ordinaire, a fait près de 600 000 morts en un demi-siècle.