Plus de 350 objets reliés à la Beatlemania. Voilà ce que le public pourra voir et entendre dans l'exposition Les Beatles à Montréal.

Jean-Christophe Laurence LA PRESSE

Pour ce faire, le musée Pointe-à-Callières a fait appel à une dizaine de collectionneurs québécois, qui ont accepté de se départir de leurs trésors... pour un an. Notre échantillonnage.



La trame sonore du spectacle au Forum


«C'est la pièce maîtresse de l'expo!» lance fièrement Francine Lelièvre, directrice du musée. Prêté par Gilles Valiquette, cet enregistrement pirate rarissime permettra aux visiteurs de revivre le soir du 8 septembre 1964 comme s'ils y étaient. En d'autres mots, vous n'entendrez pas grand chose à part des cris, des cris, des cris...

Le scrapbook et les billets

En 1964, Sharmann Yarnell avait 11 ans. Et elle était folle des Beatles. Cet album personnalisé est la preuve de son amour. On peut y voir des découpures de journaux, mais aussi les billets du concert au Forum, auquel elle a d'ailleurs bien failli ne pas assister. «Je les avais achetés à l'insu de mes parents. Quand ils ont su, ils me les ont confisqués» raconte la Montréalaise, aujourd'hui à l'emploi de CJAD. Son souvenir du concert? «Bizarrement pas grand chose. Je me rappelle de leur entrée sur scène et des cris, des cris, des cris. C'était tellement fort, que le policier à côté de moi avait mis des balles de revolver dans ses oreilles!» Quant à l'album, il a duré encore trois ans: «À la fin, je leur écrivais des poèmes...»

La chemise des Hou Lops

L'influence des Beatles sur le rock québécois fut immédiate. Des Baronets aux Bel Canto, en passant par les Mersey's, les Sinners ou les Bel Air, l'exposition consacre une salle complète à la vague yéyé et aux contrecoups de la Beatlemania sur l'industrie du disque locale. Les objets sur la photo appartiennent à Jean-Claude Bernard, bassiste des Hou Lops, l'une des meilleures formations de l'époque. Ironiquement, la chemise fut achetée à Paris quand le groupe s'est produit à l'Olympia en première partie... des Rolling Stones.

Le snare drum de Ringo (1964)

C'est un faux, bien entendu. Mais sa valeur n'est pas moins grande. Bien qu'il soit en plastique, ce snare drum à l'effigie de Ringo est estimé à 5000$... et trois fois plus s'il vient avec sa boîte. «Je pense que j'ai trouvé ça aux États-Unis, j'ai dû la payer au moins 1000$, raconte Pierre Marchand, heureux propriétaire de ce sympathique jouet. Aujourd'hui président du secteur musique chez Archambault, M. Marchand n'a jamais cessé de collectionner, même s'il avoue s'être un peu calmé avec les années. «Ces produits sont ridicules mais intéressants, conclut-il. Parce qu'ils ont contribué au mythe des Beatles.»

Les portraits de Nicola Volpe

Lors de leur première visite à New York, les Fab Four sont immortalisés par Nicola Volpe, un portraitiste amércain bien connu de l'époque. Les quatre tableaux seront ensuite récupérés par la compagnie Capitol, qui en fera des affiches promotionnelles. Pièces uniques, elles appartiennent aujourd'hui à Richard Lapointe, un collectionneur de Québec. Selon lui, les quatre portraits valent au bas mot un million.

Entrevue de Pierre Nadeau

Un des nombreux extraits visuels de l'expo. On peut y voir le jeune Pierre Nadeau interviewer une fan avant le concert des Beatles, dans le cadre de l'émission Aujourd'hui à Radio-Canada. «Il y a des jeunes qui avaient dormi dehors pour acheter des billets. C'est la première fois qu'on voyait ça ici», explique Francine Lelièvre. Phénomène de société, les Beatles ont incarné un changement de garde générationnel, ajoute Mme Lelièvre. Mais au Québec, le coup a vraiment frappé fort. «Disons qu'on partait de plus loin.»

Les céréales Beatles

On a vraiment inventé n'importe quoi pour exploiter les Beatles. Les produits dérivés sont allés aussi loin que cette boîte de céréales Wheat Honeys. Nabisco avait lancé cette série spéciale pour le film Yellow Submarine, on pourvait détacher des bouts de Beatles à l'arrière du paquet. Fait à noter: la boîte est restée scellée toutes ces années, ce qui lui donne une énorme valeur ajoutée, entre 3000$ et 5000$ selon Richard Lapointe. Détenteur d'une des plus grosses collections privées des Beatles au monde M. Lapointe possède quelque 5000 objets reliés aux Fab Four.

Quatre garçons dans le temps

> 8 septembre 1964 : Deux spectacles des Fab Four au Forum. Le concert du soir sera ponctué de deux «bonjour» de Paul McCartney - merci à Janette Bertrand qui avait mis le groupe au courant du fait français plus tôt dans l'après-midi.

> 26 mai-2 juin 1969 : Le bed in de John et Yoko fait l'événement au Reine Élizabeth. Le couple en profite pour enregistrer Give Peace a Chance dans sa chambre d'hôtel.

> 8 décembre 1974 : Concert de George Harrison au Forum. C'est la première fois qu'un Beatle revient sur scène à Montréal depuis 1964.

> 9 décembre 1989 : Concert de Paul McCartney au Forum.

> 17-19 juin 2000 : George Harrison assiste au Grand Prix de Montréal et fait la connaissance de Guy Laliberté. De leur rencontre naîtra le spectacle Love, du Cirque du Soleil, en 2006.

> 27 juillet 2001 : Ringo Starr et son All Starr Band se produisent au Centre Molson devant 5000 personnes.

> 12 août 2010 : Concert de Paul McCartney au Centre Bell.

> 26 et 27 juillet 2011 : Concerts de Paul McCartney au Centre Bell.

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Les Beatles à Montréal. Musée Pointe-à-Callière du 29 mars 2013 au 30 mars 2014.