Organisée jusqu'à dimanche rue Parthenais à Montréal, la Virée des ateliers d'artistes de l'immeuble Grover prend de l'ampleur: la 5e présentation de l'expo-vente permet de rencontrer cette année une centaine de créateurs dans 88 ateliers (au lieu de 38 l'an dernier), dont une vingtaine du Chat des artistes, situé tout près du Grover.

Publié le 10 mai 2012
Éric Clément LA PRESSE

Avec la Virée, on découvre une large gamme d'activités artistiques, allant de la peinture à la sculpture en passant par la photographie, la céramique, la joaillerie, l'ébénisterie, la mode, le tissage ou la maroquinerie.

Notre visite a débuté au quatrième étage du Grover par les sculptures de Patrycja Walton qui confectionne des «vêtements» féminins en tessons de bouteilles, lunettes ou éclats de porcelaine et des soutiens-gorge en plâtre. Un clin d'oeil à l'immeuble qui a eu une vocation textile à l'époque des machines à tricoter de Knit-to-Fit au siècle dernier.

Sur le même étage, Louise Hamel crée depuis 10 ans des peintures à partir d'empreintes sur papier. Dans ses oeuvres colorées, les êtres prennent forme et mouvement.

Au deuxième étage, on trouve l'atelier Velvet Moustache de Majorie Labrèque-Lepage qui a lancé, avec son conjoint Benoît, une gamme éco-design de coussins et d'oreillers inspirés d'animaux, aux formes de hiboux, de renards ou de caribous. «On est en croissance, dit Majorie, qui a étudié en arts et en mode. On vend nos peluches chez Simons et dans d'autres magasins à Montréal, aux États-Unis et en Europe.»

Au Chat des artistes, situé quelques adresses plus loin, la galerie Monde ruelle expose des objets d'art ou utilitaires issus du génie de la récupération.

Des bougeoirs en verrerie classique de Tat Chao ou d'autres réalisés en croisant des fourchettes en argent par Mathieu Poirier-Galarneau; une table de bar faite de planches de skate usagées, une oeuvre de Janie Belcourt. La création n'a pas de limite en recyclant ce qui a déjà vécu.

Finalement, notre visite s'est terminée en faisant la connaissance de Suzanne Joubert dans son atelier. Une rencontre fort intéressante. D'abord, parce que ses peintures de rivières et de forêts sont impressionnantes de précision. Créées sur papier Saint-Armand marouflé ou sur toile, en noir et blanc ou en couleurs, les oeuvres richement détaillées requièrent patience et doigté.

Suzanne Joubert est aussi un puits de sagesse et d'expériences. On ne se lasse pas de l'écouter évoquer Edmund Alleyn (qui a été son professeur), discuter des avantages et des inconvénients des teintes sépia ou de l'importance de la lumière, parler de son vocabulaire pictural et raconter l'histoire de ce cercueil noir installé dans son atelier. Un cercueil qui est un de ses hymnes à la vie et à la paix.

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Info: www.lavireedesateliers.com