Artiste visuel d'origine mexicaine connu dans le monde entier pour ses réalisations lumineuses créées par ordinateur, Rafael Lozano-Hemmer ne s'est pas installé à Montréal il y a six ans pour la seule raison que sa blonde est québécoise.

Éric Clément LA PRESSE

Il est à Montréal à cause de la vitalité de la ville en tant que cité du multimédia.

«Il y a beaucoup de nerds comme moi à Montréal, dit-il en riant. On peut rencontrer facilement des programmeurs, des ingénieurs et des spécialistes. C'est un endroit privilégié pour les technologies.»

Rafael Lozano-Hemmer a ouvert à Montréal une entreprise qui emploie 11 spécialistes multimédias pour créer des oeuvres exposées ou vendues en Europe, en Amérique, en Asie et en Océanie. «J'ai l'appui des gouvernements du Québec et du Canada pour faire de la recherche et du développement. C'est très précieux. Au plan logistique, technologique et pratique, Montréal est un endroit fantastique.»

Le créateur ajoute que la ville a une vraie «tradition d'expérimentation» qui découle d'Expo 67, car l'événement a mis Montréal sur la carte artistique du monde.

«Je travaille beaucoup en ce moment avec l'artiste argentine Marta Minujín, la première qui a utilisé des caméras vidéo en direct. Elle était là, en 1967, avec tous les grands artistes comme Svoboda, Fuller ou Calder. Montréal est célèbre pour sa culture internationale, grâce à sa traditiond'expérimentation.»

Rafael Lozano-Hemmer aime citer des exemples de succès montréalais en multimédia, comme le Centre de recherche en arts médiatiques de Concordia (Hexagram) ou la Société des arts technologiques (SAT). « Ce qui manque par contre à Montréal, c'est l'impact sur le public, dit-il. Luc Courchesne est un artiste fantastique de la SAT. Je l'ai connu en Autriche, croisé en Allemagne et à New York. On ne parle pas assez de lui à Montréal alors qu'il est une étoile de la créativité d'ici.»