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Les doubles sens de Raymond Lavoie

Dans nature morte au réveille-matin, le procédé photographique... (Photo fournie par Raymond Lavoie)

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Dans nature morte au réveille-matin, le procédé photographique de Raymond Lavoie donne parfois des résultats surréalistes, comme ce cadran qui indique à la fois minuit moins cinq et minuit cinq.

Photo fournie par Raymond Lavoie

Jocelyne Lepage
La Presse

Les photographies de Raymond Lavoie sont énigmatiques. Non seulement nous ne savons pas exactement ce que nous voyons, mais pour y voir clair, il faut prendre conscience de nos mécanismes de perception. Un va-et-vient à double sens entre les images et le visiteur.

Raymond Lavoie est surtout connu comme peintre. Peintre des transparences, disait-on à propos des tableaux qu'il présentait il y a quelques années, tableaux apparemment monochromes qui révélaient des paysages à ceux qui restaient devant assez longtemps pour les voir apparaître.

On retrouve une démarche similaire dans les photographies exposées à la galerie Graff qui ont été regroupées en deux séries aux titres aussi énigmatiques que les oeuvres: Sens sur sens et Sens contre sens. Prenons une des grandes photographies de la série Sens sur sens. Lavoie y superpose des lieux différents en couches transparentes et l'on devine petit à petit ce qui appartient aux ateliers du peintre et ce qui va au décor meublé d'antiquités d'un collectionneur. L'ensemble est à la fois chargé d'éléments et étonnamment aérien. D'une belle élégance, comme toutes les pièces présentées.

Dans la série Sens contre sens, on est placé devant des photographies d'objets que l'on croit reconnaître - ceci est un pot en verre, cela, une ancienne pinte de lait - mais qui ont subi des transformations que l'on met du temps à saisir. Comme nous l'explique la directrice de la galerie, Madeleine Forcier, en nous entraînant vers ce qui ressemble à deux photos de sculptures en coin, «ce que vous voyez ici est un escalier en colimaçon». Lavoie a photographié l'escalier sous deux angles différents. Puis il a dédoublé chaque moitié, rendant l'escalier méconnaissable. Il a procédé de la même manière avec tous les objets. Chaque tableau est ainsi constitué de deux photos du même objet, prises du côté gauche et du côté droit, dont chaque moitié est dédoublée, comme dans une tache de Rorschach. Le résultat est parfois surréaliste, comme ce cadran qui indique à la fois minuit moins cinq et minuit et cinq.

Ces photographies sont traitées par ordinateur et imprimées en cinq exemplaires comme s'il s'agissait de gravures.

À cet ensemble qui constitue la production récente de Raymond Lavoie, on aimerait bien que soient ajoutées des oeuvres plus anciennes qui nous permettraient de mieux comprendre la démarche d'un artiste qui, à 59 ans, a depuis longtemps fait ses preuves. Mais pour cela, il faudrait les grandes salles d'un musée.

Raymond Lavoie, Sens sur sens/Sens contre sens, à la galerie Graff (963, rue Rachel Est), jusqu'au 14 novembre. Ouvert du mercredi au vendredi, de 11h à 17h30; le samedi, de midi à 17h. Entrée libre.




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