Les liens entre la radio et la littérature sont nombreux et, pour les organisatrices du festival Résonance, qui en est à sa troisième édition cette année, le thème s’est imposé d’emblée.

Nathalie Collard Nathalie Collard
La Presse

« Depuis 2016, explique Marie-Laurence Rancourt, codirectrice de l’évènement, notre boîte de production Magnéto réfléchit à l’écriture radio sous tous ses angles. Pas seulement en lien avec la littérature, qui est une partenaire historique de la radio, mais aussi avec l’écriture radiophonique, ses assemblages, ses montages, etc. Tout ce qui compose une forme d’écriture invisible. »

Dès ce soir et jusqu’à dimanche, le festival Résonance se déploiera dans l’enceinte feutrée du Centre Phi : séances d’écoute publiques, créations en direct, micros ouverts… Au total, une trentaine d’évènements auxquels participera l’animatrice de Plus on est de fous, plus on lit ! sur ICI Première, Marie-Louise Arsenault, qui est la porte-parole du festival. On pourra également assister à une classe de maître de l’invitée d’honneur de Résonance, Aurélie Charon, auteure, réalisatrice et animatrice sur France Culture.

PHOTO MARIE-ÈVE ROMPRÉ, FOURNIE PAR LE FESTIVAL RÉSONANCE

Marie-Laurence Rancourt, codirectrice du festival Résonance 2019

« Je suis très fière de la venue d’Aurélie, souligne Marie-Laurence Rancourt. Au tout début de ma carrière, après une maîtrise en sociologie, j’ai réalisé un docu-radio sur la radio. Je suis partie en Europe interviewer des gens qui en font, et ma rencontre avec Aurélie a été déterminante. Elle fait partie des gens qui m’ont donné l’impulsion de créer Magnéto, la boîte de production que j’ai fondée avec Zoé Gagnon Paquin. »

Durant le week-end, les festivaliers auront également le privilège d’entendre la voix si particulière de Marguerite Duras dans le cadre d’une séance d’écoute d’archives inédites. Les organisatrices ont aussi offert une carte blanche à Porte Parole, la compagnie derrière la pièce à succès J’aime Hydro. Enfin, samedi soir, dès 23 h, on pourra écouter une séance de radio nocturne qui risque de s’étirer tard dans la nuit.

De la place pour l’audace

Il y a moins de trois ans, on parlait de renaissance de la baladodiffusion. Aujourd’hui, on assiste à un véritable engouement au Québec. De Radio-Canada à Québecor en passant par Urbania et L’actualité, tout le monde expérimente ce mode de production audionumérique. 

Le milieu s’est beaucoup transformé en quelques années. Comme dans l’industrie du cinéma, je vois poindre des écoles, des styles différents en fonction des personnalités de chacun.

Marie-Laurence Rancourt

Mais cette pionnière de la balado estime qu’il pourrait y avoir beaucoup plus d’audace de la part des créateurs et des producteurs. « J’aimerais voir plus d’inventivité, mais pour cela, il faut des structures pour soutenir le développement et la diffusion. Jusqu’ici, on voit beaucoup d’expériences inspirées de ce qui se fait ailleurs. Il pourrait y avoir plus de diversité. Je crois qu’il y a une propension à produire des projets qui vont marcher auprès du grand public. C’est normal, c’est encore relativement nouveau, la balado. »

Avec Magnéto, Marie-Laurence Rancourt et Alexandra B. Lefebvre proposent des expériences audio moins « commerciales », plus déroutantes. « Je défends une radio de sens et de sensation, insiste Marie-Laurence Rancourt. On a créé ce festival pour provoquer une discussion, un choc des idées. C’est comme si on ouvrait notre atelier et qu’on disait aux gens : “Venez réfléchir avec nous.” »

Consultez la page du festival : https://phi-centre.com/evenement/festival-resonance-2019/