C’est aujourd’hui que Guy Laliberté ouvre les portes de sa première pyramide (PY1), érigée dans le Vieux-Port de Montréal. Au cours des quatre prochains mois, on pourra découvrir son nouveau bébé, Au-delà des échos, spectacle immersif multimédia créé par sa compagnie Lune Rouge.

Jean Siag
Jean Siag La Presse

Il y a près de deux semaines, Guy Laliberté et ses collaborateurs ont présenté un extrait d’Au-delà des échos à un parterre de journalistes. Une fresque multimédia d’une heure sur le thème de la naissance de la vie et de sa fragilité, qui sera présentée cinq fois par jour entre quatre murs-écrans.

Au milieu de ce nouvel espace de création, le spectateur déambule. La musique et les projections d’images sont au cœur de cette expérience immersive.

À l’automne, la pyramide de Lune Rouge sera démontée, puis érigée à Miami. Elle sera à New York au printemps, puis une deuxième pyramide verra le jour l’été prochain. Le but est de multiplier ces structures technologiques de 25 millions de dollars. La direction caresse même le rêve d’atteindre 70 ou 80 pyramides.

« L’objectif ultime est d’avoir des pyramides fixes dans chacune des grandes villes du monde, nous a confié Guy Laliberté. Un peu comme l’environnement des cinémas IMAX. L’univers technologique va être le même partout, ça va nous permettre de développer une librairie de contenus, comme des films. » Une sorte de catalogue d’expériences immersives.

Les sceptiques seront confondus

Guy Laliberté a l’intuition que ces nouveaux projets avec Lune Rouge fonctionneront, comme à ses débuts avec le Cirque. Et que les sceptiques seront confondus.

« Est-ce que les gens vont vivre des émotions ? J’espère que oui. J’ai un baromètre qui a marché pour le Cirque pendant 40 ans, c’est mon poil. Je savais quand un numéro était bon, qu’il allait marcher ou si c’était un killer, dépendant de l’intensité où mon poil montait, et je dois dire que j’ai vécu à travers ce processus de création des moments wow ! » — Guy Laliberté

Est-ce que cette pyramide, capable de se transformer en une multitude de configurations, pourrait accueillir des spectacles de cirque ?

« Je ne veux pas toucher à ça, répond Guy Laliberté, catégorique. J’ai fait le choix de ne plus faire de cirque. C’est fini. J’explore autre chose. Est-ce que Blue Man Group [acheté par le Cirque] pourrait avoir sa pyramide en tournée ? Oui. Mais pas de shows de cirque. Honnêtement, après avoir fait le Cirque du Soleil, on est condamné à faire quelque chose qui ne ressemble à rien d’autre. C’est ce que j’ai fait. »

DJ Guy Laliberté

Le week-end, la pyramide de Lune Rouge se transformera en soirées de danse animées par des DJ locaux. Lui-même aura sa soirée à titre de DJ.

« C’est plus que du clubbing, insiste-t-il. C’est une expérience artistique, créative, immersive, participative. Mais oui, il y a de la musique et de la danse. C’est une salle qui peut être modifiée en dedans d’une heure pour accueillir des conférences ou des spectacles live. À terme, on aimerait aussi occuper la pyramide de jour, en offrant des séances de méditation immersive ou de yoga. »

« La beauté, c’est qu’on est New Technology Ready, poursuit Guy Laliberté. Quand la réalité augmentée va arriver, quand on aura le 5G, on va pouvoir diffuser en continu [streaming] et même permettre aux gens qui ont des avatars de vivre des expériences à distance. »

Ce spectacle, Au-delà des échos, Guy Laliberté le fait aussi pour ses sept enfants, « parce que leur futur est pas mal plus incertain que le [sien] pouvait l’être ».

« Pensez-y, les générations des 50 dernières années ont vécu les meilleurs moments de la planète Terre. Si je n’étais pas un enthousiaste, je serais vraiment déprimé. L’augmentation de la population mondiale dans un système capitaliste où le haut de la pyramide remplit la base, mais de façon totalement inégale, est inquiétante. Oui, j’aurais aimé que ma pyramide soit inversée. »