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Fermeture des conservatoires: désastre appréhendé en région

Le Conservatoire de musique et d'art dramatique du... (Photothèque Le Soleil, Erick Labbé)

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Le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec présente un déficit qui devrait atteindre 14 millions cette année. Son conseil d'administration doit se prononcer aujourd'hui sur un plan de retour à l'équilibre budgétaire.

Photothèque Le Soleil, Erick Labbé

Caroline Rodgers
La Presse

Alors que des menaces de fermeture pèsent sur cinq établissements du Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec, soit ceux de Trois-Rivières, Rimouski, Saguenay, Gatineau et Val-d'Or, les dénonciations et les mises en garde pleuvent.

Les opposants à cette fermeture appréhendée soulèvent la question de l'accès des jeunes des régions à un enseignement musical de haut niveau ainsi que l'accès des citoyens à une vie culturelle de qualité.

«Pour un jeune de 14 ans qui apprend un instrument, c'est impossible de s'expatrier à Montréal ou à Québec pour continuer [sa formation]. Il y a des écoles de musique privées, mais ce n'est pas la formation extrêmement pointue et de top niveau dispensée au Conservatoire», explique Jean Vallières, représentant réseau du Syndicat des professeurs de l'État du Québec (SPEQ), dont font partie les professeurs des conservatoires.

Des «poumons culturels»

À l'instar de plusieurs musiciens connus, Alain Trudel, chef de l'Orchestre symphonique de Laval, a fait écho aux propos de Yannick Nézet-Séguin publiés hier dans les journaux en s'adressant lui aussi à la ministre de la Culture dans une lettre ouverte.

«L'apprentissage de la musique, à l'instar du sport, sauve régulièrement des jeunes du décrochage et de la rue, plus qu'aucun autre programme. [...] Pour ma part, je n'aurais jamais pu poursuivre mes études, n'eût été d'un conservatoire. Et je suis loin d'être un cas unique, enfant d'un certain talent, issu d'un milieu familial très modeste.»

Au-delà de l'accès à l'enseignement, les opposants craignent que la fermeture des établissements - véritables «poumons culturels» des régions - n'entraîne un appauvrissement significatif de la vie culturelle des villes concernées.

«Dans une ville comme Rimouski ou Saguenay, les professeurs et les élèves les plus avancés des conservatoires font partie de l'orchestre symphonique ou d'autres ensembles musicaux. Si le conservatoire ferme ses portes, il y a de grosses chances que les musiciens s'expatrient et que d'autres institutions ferment aussi. Ce n'est pas seulement le conservatoire que l'on va perdre, mais une grosse partie de la vie culturelle de la région», dit Jean Vallières.

Déficit de 14 millions

Le Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec présente un déficit qui devrait atteindre 14 millions cette année. Son conseil d'administration doit se prononcer aujourd'hui sur un plan de retour à l'équilibre budgétaire. Selon un document confidentiel obtenu mercredi par Le Soleil, c'est la direction du Conservatoire elle-même qui entend proposer à son conseil d'administration de fermer cinq établissements le 30 juin prochain.

«C'est difficile à comprendre comme position, dit Jean Vallières. Il semble que la direction générale du Conservatoire et une partie du conseil d'administration ont décidé que c'était la solution. Cela veut dire que des professeurs qui font partie du conseil d'administration se retrouvent à devoir voter sur une décision équivalant à se faire hara-kiri. Ils se sentent sous pression.»

«Tout se passe dans le secret et il n'y a pas de débat. On ne peut pas démolir des institutions culturelles fondées par des gens comme Wilfrid Pelletier sur un simple vote d'un conseil d'administration.»

Même si le conseil d'administration entérinait la décision de fermer les cinq établissements, la question serait loin d'être réglée, selon le représentant syndical, car les réactions sont très vives tant de la part des maires que des députés et citoyens des régions touchées.

«En 2007, on a relogé le Conservatoire de Montréal dans un bâtiment plus adéquat, sans ajuster les subventions en conséquence. Par la suite, on a laissé le déficit se perpétuer. On ne peut pas éliminer le déficit immédiatement, mais on peut faire en sorte qu'il n'augmente pas. Y a-t-il eu mauvaise gestion ? Peut-être. Le gouvernement doit faire une enquête pour examiner les causes du déficit et voir quels sont les ajustements à faire. Mais la solution n'est pas de fermer cinq établissements de façon sauvage.»

La direction du Conservatoire de musique et d'art dramatique n'a pas souhaité faire de commentaires hier.




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