La Fondation du Musée des beaux-arts du Canada a reçu un don transformationnel qui commémorera, notamment, l’important legs de Shirley L. Thomson (1930-2010), directrice générale du Musée des beaux-arts du Canada de 1987 à 1997.

La Presse

L’annonce a lieu le 21 mai dernier à l’occasion du 33e anniversaire de l’ouverture officielle de l’édifice du Musée, situé au 380 promenade Sussex à Ottawa, qui a été supervisée par Shirley Thomson.

Le don anonyme de trois millions de dollars permet également la mise sur pied du Fonds d’entretien du pavillon du Canada afin d’assurer les coûts d’entretien actuels et futurs du pavillon de Venise, en Italie, propriété du Musée des beaux-arts du Canada. Depuis 1958, le pavillon sert de site officiel pour la participation du Canada à la Biennale d’art de Venise.

La création du Fonds d’entretien s’inscrit dans la foulée du succès de la restauration du pavillon en 2018. Il permet de préserver cet important bâtiment afin que les artistes et architectes canadiens disposent toujours d’un espace à la fois magnifique et fonctionnel pour représenter le pays. La coordination de la restauration et la mise sur pied du Fonds d’entretien ont été assurées par Karen Colby-Stothart, ancienne directrice générale de la Fondation.

La présidente de la Fondation Ann Bowman, a déclaré : « Au nom de la Fondation du Musée des beaux-arts du Canada, nous sommes profondément reconnaissants de ce don remarquable et stratégique qui assure la pérennité du pavillon canadien à Venise et la mise en valeur des artistes canadiens sur la scène internationale. »

Le donateur a profité de la possibilité d’attribuer un nom à ce don et à d’autres pour souligner et célébrer le remarquable leadership de la défunte Shirley Thomson. Estimée pendant son mandat pour avoir défendu l’excellence en matière de commissariat, l’audace artistique et le discours public sur l’art, Mme Thomson « demeure profondément respectée pour son professionnalisme, sa diplomatie, sa générosité et son humour. »

Mme Thomson a dirigé certaines des acquisitions les plus controversées de l’histoire du Musée des beaux-arts du Canada. Les plus notables sont l’achat de la peinture moderniste Voix de feu, de Barnett Newman et de l’œuvre No. 16 de Mark Rothko, qui ont toutes deux suscité le débat sur le rôle du public dans le soutien de la présentation d’art moderne dans un musée national.

En reconnaissance de ce don, le Musée des beaux-arts du Canada renomme sa salle d’expressionnisme abstrait la Salle Shirley L. Thomson. Et c’est un hommage approprié à son héritage que Voix de feu, l’une des œuvres les plus populaires du Musée, occupe une place majeure dans la salle qui porte maintenant le nom de Shirley Thomson.

« Shirley Thomson demeure un exemple pour les directeurs de musées au Canada et pour le monde entier pour son indéfectible défense de la liberté artistique. J’ai souvent dit que le Musée des beaux-arts suscitait des conversations passionnantes sur l’art grâce à son leadership, ce à quoi j’aspire également. La dénomination de cette salle en particulier pour commémorer son leadership est amplement méritée », a déclaré Sasha Suda, Ph. D. directrice générale du Musée des beaux-arts du Canada.

Shirley Thomson est également à l’origine d’expositions populaires d’artistes comme Edgar Degas, Emily Carr et Auguste Renoir, ainsi que d’expositions plus controversées comme Jana Sterbak Vanitas : Robe de chair pour albinos anorexique (1987) qui, bien qu’offensante pour certains, a soulevé des questions importantes sur ce qui devrait être reconnu comme de l’art et sur le rôle du gouvernement dans le financement des arts.

Il s’agit de la toute première fois qu’un espace du Musée, désormais la Salle Shirley L. Thomson, est nommé en l’honneur d’un ancien directeur.

Le Musée des beaux-arts du Canada, fondé en 1880, abrite l’une des plus importantes collections d’art autochtone, canadien et européen et a pour mandat de faire partager les arts visuels avec les Canadiens et les Canadiennes de partout au pays.

Créée en 1997, la Fondation du Musée des beaux-arts du Canada, organisme de bienfaisance enregistré sans but lucratif, a pour mandat d’assurer au Musée un soutien financier public-privé durable. Depuis ses débuts, la Fondation a recueilli plus de 75 millions de dollars en contributions financières et a favorisé des dons d’œuvres d’art au Musée des beaux-arts évalués à plus de 62 millions de dollars.

Commandé par le Musée des beaux-arts du Canada en 1957 et toujours propriété du Musée, le pavillon du Canada a été conçu par les architectes milanais de BBPR et est maintenant désigné comme structure patrimoniale en vertu de son importance architecturale. Le pavillon accueille les artistes et les architectes parmi les plus reconnus au Canada à la Biennale de Venise tous les deux ans. Grâce au soutien financier de Reesa Greenberg et à la supervision de la Fondation, une restauration architecturale majeure a pu être complétée en 2018. L’Office national du film du Canada a produit un documentaire sorti en 2020 sur le pavillon et sa restauration : À ciel ouvert, Portrait d’un pavillon à Venise.