Bien avant que le gouvernement ne déclare l’urgence sanitaire en raison de la COVID-19, la population de St-Henri avait des problèmes d’accès aux aliments frais et abordables.

La Presse

Depuis le début de la crise, les besoins ont augmenté de façon exponentielle. Faute de ressources déjà en place pour répondre à ces besoins, les organismes communautaires membres de la table de quartier, la CDC Solidarité St-Henri, se sont très rapidement affairés à mettre en place des solutions collectives et à adapter leurs activités, voire même en créer des nouvelles.

La Maison Benoît Labre, un centre de jour et d'accueil inconditionnel, est au coeur des mesures de dépannage alimentaire mises en place dans St-Henri. À la mi-mars, les travailleurs, travailleuses et bénévoles de cet organisme ont installé un système d’assemblage et de distribution de plus de 200 paniers de denrées par semaine.

Les paniers pour les grandes familles sont bonifiés par des cartes cadeaux d’épicerie de 25$ financées par des dons.

Un des premiers organismes à avoir repensé son fonctionnement pour contribuer aux mesures d’urgence en sécurité alimentaire mises en place dans le quartier a été le CÉDA. Ayant suspendu ses activités d’éducation populaire en raison du confinement, des employés se réunissent chaque semaine pour confectionner environ 200 sandwichs qui sont distribués par la Maison Benoit Labre. Ils prêtent aussi de l’espace dans leurs frigos pour dépanner.

Au CPE de la Dame, l’idée d’offrir des repas est venue de la directrice Stéphanie St-Onge, qui aide son cuisinier à préparer chaque semaine 60 plats emballés individuellement et accompagnés d’une collation. Le CPE Paillasson a emboîté le pas et prépare également 50 repas par semaine, même au milieu des préparations pour sa réouverture.

De leur côté, les membres du temple Sikh Gurdwara Guru Nanak Darbar de LaSalle préparent hebdomadairement 225 repas pour la Maison Benoît Labre. La générosité du temple Sikh et des deux CPE soulage beaucoup l’équipe de travail et les bénévoles de l’organisme. De plus, les personnes qui le fréquentent apprécient grandement la qualité et la variété des repas préparés avec tant d’amour.

Pour mettre en oeuvre ses nouvelles activités en sécurité alimentaire, la Maison Benoît Labre compte sur l’aide précieuse d’une quarantaine de bénévoles, des résident-e-s ou des membres d’autres organismes communautaires, qui en sont pour la plupart à leur première expérience. Ils et elles se chargent, entre autres, de l’assemblage et de la livraison des paniers alimentaires, de la récolte des repas et des dons de denrées et de matériel nécessaire à la réalisation des activités.

« C’est du monde tellement généreux et motivé. Je suis impressionnée tous les jours par leur enthousiasme et leur dévouement. C’est grâce à eux si nous avons réussi à mettre tout ça en place si rapidement », confirme Andréane Désilets, directrice générale de la Maison Benoit Labre.

L’arrondissement du Sud-Ouest et plusieurs organismes communautaires ont aussi fourni le soutien de plusieurs employé-e-s, ce qui assure une continuité à certains postes clés. C’est notamment le cas de Jasmine, qui reçoit les appels à la banque alimentaire : « C’est vraiment touchant d’entendre à quel point les gens qui s’inscrivent pour un panier sont soulagés. Certaines personnes me rappellent juste pour dire merci! ».