Resident Evil 5, l'un des jeux les plus attendus en ce début de l'année 2009, est maintenant en magasin. Descendant d'une série magistrale lancée en 1996, il fait suite à six épisodes principaux qui ont conquis de nombreux amateurs de survival/horror. Quatre ans après Resident Evil 4, l'un des meilleurs jeux de sa génération, le cinquième opus de Capcom a décidé de marcher dans les pas sanglants de son aîné, à ses risques et périls.

Kevin Massé LA PRESSE

L'aventure débute quelques années après les épreuves qui se déroulaient en Espagne dans Resident Evil 4. Les agents Chris Redfield (Resident Evil 1) et Sheva Alomar se trouvent aux abords de Kijuju, un village africain fictif, afin d'enquêter sur de possibles activités bioterroristes. La population africaine semble effectivement souffrir des mêmes symptômes de démence et de violence que les villageois espagnols. Les deux acolytes devront affronter nombre d'abominations et d'infectés aux tentacules baveux dans le but de trouver la source de ce mal.

 

Avec ce nouveau titre, les concepteurs n'avaient certainement pas l'intention de déstabiliser le joueur. Outre le fait qu'il est permis de jouer en coop avec écran partagé ou en ligne, le jeu reste presque entièrement identique à son aîné. Il faut l'avouer, les mises à niveau apportées à Resident Evil 4 étaient toutes pour le mieux et ont placé la barre très haut. Malheureusement, son successeur ne la franchit pas.

Même s'il affichait clairement ses penchants pour l'action, Resident Evil 4 gardait tout de même les principes clés du survival/horror de ses prédécesseurs. Les puristes regretteront donc, avec ce cinquième opus, de ne plus devoir rationner leurs munitions ou encore la disparition des casse-têtes et des énigmes. Les concepteurs ont retiré tous les éléments «survie et horreur» et donnent toute la place à l'action. On pourrait le comparer à des jeux tels que Gears of War ou encore Uncharted. Seulement, la jouabilité, elle, ne s'y est pas conformée.

Toujours à la troisième personne, avec caméra à l'épaule au moment de la visée, la démarche de notre avatar est lourde. Il demeure également impossible de tirer et de recharger en mouvement. Ces mécaniques, qui enrichissaient l'expérience de jeu dans le quatrième épisode, sont maintenant un handicap frustrant dans le cinquième. De plus, la gestion de l'espace de l'inventaire ainsi que l'arrêt du jeu lorsqu'on le consulte ont disparu. Cette décision, qui vise clairement à ne pas nuire au rythme du jeu en coop, provoque cependant des morts frustrantes dans le feu de l'action.

En solo, l'intelligence artificielle de notre partenaire reste acceptable et nous ralentit rarement. Il faudra toutefois bien se préparer pour qu'elle ne manque pas de munitions ou de trousses de soins.

Au-delà de sa façon de jouer un peu désuète, Resident Evil 5 est tout de même un très bon jeu. La réalisation est impeccable, les graphiques ont de quoi rendre jaloux Gears of War 2 et Killzone 2 et le rythme est très bien soutenu. Les décors et les «Boss» (pensés coop) sont variés et extrêmement détaillés.

Que dire de la scénarisation et de la production photo, sinon qu'elles sont presque aussi impressionnantes que celles de Metal Gear Solid 4? Plusieurs scènes rappellent d'ailleurs des moments clés de Resident Evil 4. Elles gardent les couleurs de la série mais sont moins bien introduites. Elles ne suscitent plus cette sensation d'étau qui se referme sur soi que l'on pouvait ressentir auparavant.

Resident Evil 5 offre de 10 à 12 heures de jeu spectaculaire. Avec tous les contenus additionnels (mode mercenaire, statistique, costume et arme à débloquer), le joueur en aura tout de même pour son argent. Sans donner dans l'horreur, il reste très généreux dans l'action.

Resident Evil 5 (testé sur PS3)

***1/2

Concepteur: Capcom

Éditeur: Capcom

Cote: M (17 ans et ")

Consoles: PS3, Xbox 360

Sous-titre français offerts