Les crédits d'impôt dont profite l'industrie québécoise du jeu vidéo semblent être là pour rester ce qui n'empêche pas ses leaders de songer à un éventuel «après».

Maxime Bergeron LA PRESSE

Les crédits d'impôt dont profite l'industrie québécoise du jeu vidéo semblent être là pour rester ce qui n'empêche pas ses leaders de songer à un éventuel «après».

«On y réfléchit, évidemment, il y a ici un comité qui réfléchit aux aspects de financement de la production de titres multimédia», a expliqué Harold Gendron, de l'Alliance numeriQC, le réseau d'affaires de l'industrie du multimédia au Québec.

La semaine dernière, une étude révélait que 45% des entreprises du secteur des technologies de l'information et des communications (TIC) deviendraient déficitaires si les crédits d'impôt octroyés par Québec cessaient du jour au lendemain. Il y a urgence d'agir et d'améliorer la productivité, ont déclaré les auteurs de l'étude, car les crédits seront bel et bien abolis entre 2010 et 2013 dans ce secteur.

Dans l'industrie du jeu vidéo, rien n'indique pour l'instant que l'aide gouvernementale prendra fin. Ubisoft et plusieurs PME profitent aujourd'hui de «crédits d'impôt à la production de titres multimédias», qui permettent de rembourser jusqu'à 37,5% du salaire des employés.

Même si ces crédits semblent être là pour rester, l'Alliance numeriQC «réfléchit à toutes sortes d'avenues» quant au financement des entreprises du secteur, a souligné Harold Gendron. Surtout depuis 2003.

À l'époque, l'ex-ministre des Finances Yves Séguin a annoncé l'abolition graduelle d'une série de crédits d'impôt, dont ceux réservés aux entreprises de la Cité du multimédia et de la Cité du commerce électronique. Il a aussi réduit de 50% à 37,5% le crédit dont profite l'industrie du jeu vidéo, soulevant une mini-tempête.

Important, mais pas primordial

Malgré son importance cruciale, le crédit à la production de titres multimédias ne constitue pas le principal facteur de croissance de l'industrie du jeu vidéo à Mont-réal, ont tenu à souligner plusieurs acteurs du milieu. Loin de là.

«L'intervention des gouvernements au Canada et au Québec a certainement servi de catalyseur et permis d'accélérer la cadence, mais au bout du compte, ce qui importe, c'est vraiment le talent. L'industrie du jeu repose énormément sur le capital humain», a souligné Jason Della Rocca, chef de la direction de l'International Game Developers Association, joint au téléphone.

Un point de vue partagé par Investissement Québec, qui fait des pieds et des mains pour développer le secteur du jeu vidéo au Québec.

«C'est sûr que ce qui attire le plus, c'est le bassin de main-d'oeuvre, et tout l'aspect créativité qu'il y a à Montréal, selon la porte-parole, Josée Béland. Ça, c'est super important et à partir de là, quand on est capable de faire la démonstration à des entreprises étrangères que ça peut se faire en anglais, pas juste en français, à partir de là, c'est à peu près gagné.»

Le Québec n'a cependant pas le choix de proposer des crédits d'impôt pour soutenir la concurrence de villes comme Seattle, Vancouver ou Londres qui, elles, en offrent, a fait valoir Mme Béland.

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