La direction du site de petites annonces Craigslist semble ouverte à l'idée de modifier sa section érotique au Canada, après l'avoir carrément supprimée aux États-Unis. C'est ce qu'affirme un expert de la traite des personnes.

LA PRESSE CANADIENNE

Ben Perrin, un professeur de droit de Colombie-Britannique, a discuté de la question avec le service de petites annonces sur Internet, ainsi que des représentants de la Gendarmerie royale du Canada et de la police ontarienne.Un Ontarien reconnu coupable du premier cas de traite de personnes au Canada l'an dernier avait eu recours au service gratuit pour vendre une adolescente de 15 ans comme prostituée, a dit le professeur Perrin.

La semaine dernière, à l'issue de nombreuses poursuites, Craigslist annonçait la fermeture de sa section érotique aux États-Unis, pour la remplacer par une nouvelle catégorie intitulée «services pour adultes», où chaque annonce, désormais payante, serait examinée par son personnel.

Des détracteurs ont comparé Craigslist à un «bordel sur Internet» après le meurtre d'une femme qui avait publié une annonce pour des massages sur le site. Craigslist ne reconnaît aucune responsabilité pour la mort de la femme.

Une porte-parole de Craigslist a indiqué que l'entreprise avait eu une conversation avec M. Perrin et les représentants de la loi, et était impatiente de poursuivre la discussion au Canada.

La sergent Marie-Claude Arsenault, de la section de lutte contre le trafic de personnes de la GRC, a indiqué que la compagnie semblait ouverte à l'idée de collaborer avec la police.

Mais une Ontarienne qui a fondé récemment un groupe à but non lucratif voué à la lutte contre le trafic de personnes soutient que Craigslist devrait faire comme aux Etats-Unis et supprimer sa section de petites annonces à caractère sexuel au Canada. Naomi Baker a indiqué que son organisation formera des bénévoles en Colombie-Britannique pour faire face à une hausse appréhendée des cas de trafic de personnes pendant les Jeux olympiques d'hiver 2010 à Vancouver.