Le texte que l'on peut lire actuellement sur Internet, et qui se veut celui de Harry Potter and the Deathly Hallows (Harry Potter et les Reliques de la Mort) est-il vraiment celui de J.K. Rowling? On ne le saura avec certitude que samedi à minuit une. Chose certaine, si canular il y a, celui qui en est l'auteur a pris d'incroyables mesures pour convaincre.

Sonia Sarfati LA PRESSE

Le texte que l'on peut lire actuellement sur Internet, et qui se veut celui de Harry Potter and the Deathly Hallows (Harry Potter et les Reliques de la Mort) est-il vraiment celui de J.K. Rowling? On ne le saura avec certitude que samedi à minuit une. Chose certaine, si canular il y a, celui qui en est l'auteur a pris d'incroyables mesures pour convaincre.

D'abord, le document présente une série de photos des 495 premières pages d'un livre qui en compterait plus de 750. Un livre relié, avec page couverture, page de garde, page titre, crédits de l'éditeur, dédicace, table des matières et, enfin, à la page 1, le début du roman comme tel.

Dès le premier regard, quiconque connaît la version américaine des «Harry Potter», publiée par Scholastic Press (l'édition préférée de J.K. Rowling, d'ailleurs), verra que la fuite - ou le canular - provient des États-Unis, et non de Grande-Bretagne (Bloomsbury) ou du Canada (Raincoast). La typographie, la mise en page, les illustrations de Mary Grandpré sont à l'identique de celles des romans précédents. De plus, la partie de la jaquette qui apparaît est dans les teintes de jaune et de brun. Les couleurs de la page couverture de .oéHarry Potter and the Deathly Hallows.

Quant à l'histoire, La Presse en a pris connaissance dans des conditions tout sauf idéales. Le temps était compté, la «lecture» sur écran du texte photographié n'allait pas de soi (même avec loupe). Reste que si canular ou pastiche il y a, le faussaire a du talent et possède le monde et les personnages de J.K. Rowling sur le bout des doigts. Harry s'exprime comme Harry. Ses doutes et remises en question, ses colères et sa manière de négocier avec le sentiment d'impuissance sont très crédibles. Sa relation avec Hermione et Ron également. Du moins, dans la cinquantaine de pages lues.

D'abord, une mise au point: les derniers chapitres du «roman» n'ayant pas été mis en ligne, l'identité des personnages qui meurent à la fin de la saga ne sera pas ici révélée. Un «péché» que l'auteure de ces lignes, de toute manière, ne commettrait pas - même sous la torture. Pas de sort assez puissant pour ça.

Allons-y plutôt d'abord dans le pratico-pratique. Les fameuses Reliques de la Mort auxquelles le titre fait référence ont provoqué bien des interrogations. Eh bien, elles seraient vraiment des reliques (donc, des objets anciens) qui auraient appartenu à la Mort (avec une majuscule puisque dans son incarnation). On l'apprend dans le chapitre intitulé The Tale of the Three Brothers. Un conte pour enfants que connaissent tous les petits sorciers (à part Harry, élevé chez des Moldus peu compréhensifs) dans lequel trois frères parviennent à déjouer la Mort qui, pour les récompenser, leur fait un cadeau à chacun: la plus puissante des baguettes magiques, une pierre de résurrection et une cape d'invisibilité. Or comme tout le monde le sait, les contes ont leur racine dans la vérité... et ses trois objets existent réellement. Ils pourraient être utiles à Harry...

Sur un plan plus émotif, rappelons que dans Harry Potter and the Half-Blood Prince (Harry Potter et le prince de sang-mêlé), Dumbledore et Harry se rendaient dans une caverne afin d'en retirer un Horcruxes - un objet dans lequel Voldemort a caché une partie de son âme, qu'il faut détruire pour se débarrasser de lui. L'objet en question, qui devait être le médaillon de Serpentar, s'était révélé être un faux. Quelqu'un, un certain R.A.B., l'avait volé. L'identité de R.A.B. restait une inconnue. Elle est éclaircie (de manière convaincante) dans le chapitre 10, intitulé Kreatur's Tale. Quand on sait que Kreatur est l'elfe de la maison des Black et que le frère de Sirius (le parrain de Harry) se prénommait Regulus, qu'il faisait partie des Mangemorts et était mort dans des circonstances mystérieuses après avoir «trahi» Voldemort, des conclusions s'imposent. Elles sont confirmées ici.

À part ça? Une lecture ponctuelle et très partielle du texte a permis de voir que Harry est ici multiplié par sept (chiffre de grande puissance) grâce à une certaine potion avec laquelle les fans sont familiers, afin d'essayer de semer Voldemort et les Mangemorts qui sont à ses trousses. De très grands pans du passé de Dumbledore sont révélés... en bonne partie par cette journaliste indigne qu'est Rita Skeeter. Ollivander, le fabricant de baguettes magiques qui avait disparu, réapparaît. Etc.

Alors, tour de force ou canular? Les paris sont ouverts.

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