Le géant japonais de l'électronique grand public Panasonic a divisé par plus de dix jeudi sa prévision de bénéfice net annuel, victime d'une demande mondiale affaiblie, de l'appréciation du yen et d'une concurrence acharnée qui fait chuter les prix de vente, notamment ceux des TV.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Pour l'exercice 2008-2009, qui s'étend d'avril dernier à mars prochain, Panasonic ne table plus que sur un bénéfice net de 30 milliards de yens (388 M$ CA), soit une chute de 89,4% par rapport à celui dégagé l'an passé. Panasonic misait au départ sur un profit net de 310 milliards (4 G$ CA).

Le groupe a également abaissé de façon draconienne sa prévision de profit d'exploitation annuel de 34,6% à 340 milliards de yens (4,4 G$ CA) au lieu de 560 milliards (7,2 G$ CA) précédemment attendus.

Cette dégringolade s'explique principalement par une coupe franche dans son estimation de chiffre d'affaires, lequel devrait plafonner à 8500 milliards de yens (110 G$ CA) contre 9200 milliards (119 G$ CA) escomptés initialement.

«L'actuelle crise financière qui a démarré aux États-Unis s'est répandue dans le monde entier et le moral des entreprises au Japon et aux États-Unis s'est détérioré de façon significative», a noté Panasonic dans un communiqué.

«L'environnement d'affaires de notre groupe se dégrade fortement, surtout en raison de la rapide appréciation du yen, de faibles dépenses de consommation et d'une concurrence sur les prix plus intense que jamais», a-t-il poursuivi, indiquant également s'attendre à des pertes de portefeuille de l'ordre de 60 milliards.

«La plus importante cause de cette révision concerne les ventes de téléviseurs», a ensuite précisé un responsable financier de Panasonic, Makoto Uenoyama, au cours d'une conférence de presse.

«Nous nous attendions à une chute d'environ 20% des revenus tirés de cette activité cette année par rapport à l'an dernier, mais nous subissons un plongeon de 30%», a-t-il reconnu, insistant sur l'impact de la hausse du yen qui fausse les calculs antérieurs.

Panasonic est le numéro un mondial des téléviseurs à écran plat à technologie plasma et fabrique aussi des modèles à cristaux liquides (LCD).

Ces produits, stratégiques pour le groupe, voient leurs prix dévisser continûment sur fond de féroce compétition entre les différents producteurs, asiatiques en majorité.

«Nous pensons que cette situation difficile va se prolonger l'an prochain», a avoué M. Uenoyama.

Le groupe entend diminuer ses dépenses d'investissement par rapport aux projets initiaux pour faire quelques économies.

À la Bourse de Tokyo, l'action Panasonic a dégringolé de 4,68% à 1284 yens jeudi en clôture, sur un marché en hausse de 1,95%. La révision des estimations de résultats a été annoncée après la fermeture, mais la nouvelle avait été largement éventée durant la matinée par les médias japonais.

Panasonic est le énième groupe exportateur nippon à abaisser ses prévisions de revenus et bénéfices annuels.

À l'instar des constructeurs automobiles nippons, ses compatriotes du même secteur, Sony, Sharp ou encore Canon, avaient eux aussi dû prendre en compte récemment les effets désastreux sur leurs activités de la débâcle économique mondiale et des brutales variations subséquentes des taux de change.