(New York) L’action de la plateforme Zoom était victime de son succès mardi à Wall Street où elle plongeait après l’annonce de résultats mirobolants, le marché s’interrogeant sur la croissance du service dans un univers post-Covid avec l’arrivée des vaccins.

Agence France-Presse

Malgré l’annonce de résultats multipliés par trois au 3e trimestre, l’action de Zoom Video Communications (ZM) a perdu 15,06 % à 406,31 dollars mardi en clôture, de nombreux investisseurs vendant le titre, en forte hausse depuis la pandémie, pour engranger des bénéfices.

Il faut dire que le groupe de San José (Californie), créé en 2011 par un ingénieur de Cisco et de sa plateforme de communication WebEx, a été la coqueluche de Wall Street depuis les premiers confinements. Son titre, introduit sur le NASDAQ à 36 dollars au printemps 2019, a atteint un sommet en octobre dernier à 568 dollars. En 2020 l’action a bondi de presque 600 %.

Mais depuis que des vaccins efficaces contre le coronavirus se profilent, les investisseurs se demandent si le temps de la super croissance n’est pas révolu pour la plateforme qui permet à des millions de salariés, élèves, amis et familles, de se réunir virtuellement.

Zoom a pourtant annoncé lundi, après la clôture des marchés, des résultats trimestriels en forte hausse avec un chiffre d’affaires de 772,2 millions de dollars (+367 % sur un an), surpassant les attentes des analystes. Son bénéfice net s’est inscrit à 198,4 millions de dollars contre 2,2 millions un an avant.

Concurrence

Le groupe dit servir près d’un demi-million d’entreprises-clientes de plus de 10 salariés et prévoit des ventes de 2,58 milliards de dollars pour l’ensemble de son exercice décalé 2021.  

Les marchés doutent cependant que 2021 soit aussi favorable que 2020 quand les fermetures d’école et les mesures sanitaires ont contraint des millions de personnes au télétravail.  

La société va aussi faire face à davantage de concurrence de la part de plateformes comme Teams de Microsoft qui a récemment donné une place plus centrale à la vidéo sur son service, ou comme la messagerie d’entreprises Slack dont le groupe Salesforce vient d’annoncer le projet de rachat.

« Nous restons concentrés sur les besoins de communication de nos clients et des communautés alors qu’ils naviguent dans l’environnement actuel et s’adaptent à un nouveau monde de travail depuis n’importe où en utilisant Zoom », a affirmé lundi le PDG et fondateur Eric Yuan, dans un communiqué.  

« Nous aspirons à fournir la plateforme de communication la plus innovante, sécurisée, fiable et de haute qualité pour aider les gens à se connecter, collaborer, construire et apprendre sur Zoom », a-t-il ajouté.